vietnam (17)

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Où aller ?

  • Par fred le 15/02/03 - 00:00

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Vue du train

  • Par fred le 15/02/03 - 00:00

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Je crois etre l'attraction du village...

  • Par fred le 15/02/03 - 00:00

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Elegantes lyceennes vietnamiennes

  • Par fred le 13/02/03 - 00:00

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Chutes d'eau de Dray Sap

  • Par fred le 13/02/03 - 00:00

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Maisons flottantes

  • Par fred le 06/02/03 - 00:00

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Les canaux du delta du mekong

  • Par fred le 06/02/03 - 00:00

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Au royaume du 2 roues

  • Par fred le 01/02/03 - 00:00

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Nouvel an vietnamien

  • Par fred le 01/02/03 - 00:00

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Vietnam (19/02/03 au 04/03/03)

  • Par fred le 23/02/03 - 10:54
Un apercu du Nord. Visite de Hanoi et de la mythique Baie d'Halong. Parcours en jeep dans le Nord-Ouest et trek de 3 jours dans la vallee de Sapa. Quelques jours tranquilles au retour a Hanoi pour finir.

19/02/03 de Hue a Hanoi

Nous ne dormons pas trop mal sur nos couchettes "Hard sleeper" (une natte posee sur un lit en bois dans un compartiment partage entre 6 personnes). Au petit matin, les paysages encadrant le train different quelque peu de ceux vus jusqu'a present. Une multitude de rizieres "plates" defilent comme d'habitude devant nos yeux, mais le riz vient ou est en train d'etre pique. Voir video. Dans le Sud ou le Centre, cette operation avait ete effectuee il y a quelques semaines, cequi expliquaitlevert eclatant des campagnes.Dans le Nord, nous ne voyons quedes rizieres avec des brindillesemergeant timidement d'une eau boueuse. En effet,en raison du climat, il n'est possible d'y effectuer que 2 recoltes de riz par an, contre 3 dans le reste des plaines duVietnam, ce qui explique le decalage entre les 2 regions.

Nous arrivons a Hanoi avec seulement20 minutes de retard en debut d'apres-midi, apres avoir tout de meme passe plus 16 heures dans le train pour parcourir 650 km. Nous ne faisons pas grand chose de notre apres-midi, si ce n'est une courte balade dans le vieux quartier. Nous faisons egalement le tour des agences de voyage pour preparer la suite de nos aventures, et decidons de partir le lendemain pour 3 jours dans la baie d'Halong.

20 au 22/02/03 Baie d'Halong et parc national de Cat Ba

Nous avons choisi comme agence de voyage une valeur sure afin de ne pas avoir de mauvaises surprises comme dans le delta du Mekong. En plus, on nous garantit un groupe de moins de 16 personnes. Finalement, nous ne sommes meme que 8 au moment du depart : un couple de neo-zelandais, un couple d'anglais, un allemand, une francaise et Anne et moi. Un couple d'homosexuels neerlandais tres sympa se joignent aussi a nous pour la premiere journee.

Notre guide Tanh est super : interessante, un bon sens de l'humour, ultra souriante (et sacrement mignonne pour ne rien gacher). Pendant le trajet de Hanoi a la ville d'Halong, elle nous explique que 1986 fut une annee charniere pour le pays, puisque de nombreuse reformes ayant pour objectif de transformer l'economie du pays furent lancees. En particulier, les terres appartenaient auparavant a l'Etat et etaient cultivees collectivement. La motivation etait moindre, et donc le taux de productivite plutot faible. En 1986, les terres cultivables (apres avoir ete classees selon la fertilite de leur sol) furent entierement distribuees aux paysans de facon equitable. Depuis, le Vietnam est devenu le 2eme ou 3eme exportateur de riz mondial, ses 2 principaux concurrents etant la Thailande et l'Inde. Le riz exporte provient essentiellement du delta du Mekong : les terres du delta de la Riviere Rouge au Nord, (surpeuple et exploite depuis longtemps) et celles du Centre (coincees entre les montagnes et la mer) sont beaucoup moins productives. L'ecart de niveau de vie entre les paysans et les citadins se creuse neanmoins, car la population augmentant, la taille des terres par paysan diminue progressivement (actuellement, chacun dispose d'un espace de 400 a 500 metres carre seulement). Pour remedier au probleme de surpopulation (les vietnamiens sont deja 80 millions), le gouvernement a impose depuis 1986 la politique des 2 enfants. Cette politique est contraire aux traditions millenaires : les enfants ont toujours ete charges de s'occuper de leurs parents lorsque ces derniers atteignent un certain age, et il est donc avantageux d'avoir une progeniture importante (seuls les fonctionnaires touchent une retraite au Vietnam). Certains couples ont neanmoins 3 ou 4 enfants,notamment ceuxsouhaitant avoir absolument un garcon apres avoir eu 2 ou 3 filles. Ils doivent alors payer des taxes supplementaires a l'Etat. C'est l'inverse de chez nous ! Autre fait interessant : l'ecole est payante alors que l'on est dans un pays communiste... Soit disant, l'Etat est trop pauvre pour rendre l'ecole gratuite. Apres, ceci est comprehensible puisqu'il n'y a quasiment pas d'impots au Vietnam. Les paysans payent certes l'equivalent d'une taxe fonciere 2 fois par an, mais elle est peu importante. A noter quand meme que depuis quelques annees les gros revenus doivent payer un impot sur le revenu de 10%. En bref, rien a voir avec la France.

Tanh nous confirme que les vietnamiens ne sont pas desbouddhistes tres pratiquants, en particulier laderniere generation (la plupart ne se rendent que quelques fois dans un temple chaque annee). Ceci dit, meme les personnes athees croient aux valeurs traditionnelles comme le culte desancetres ou la geomancie. Par exemple, tout couple ira voir une diseuse de bonne aventure avant de se marier, pour choisir la date du mariage et avoir un avant-gout de leur destinee a 2.

Apres avoir dejeuner a Halong city, nous embarquons sur notre bateau, et partons naviguer entre les 2 000 iles emergeant des eaux vert emeraude de la baie d'Halong. Le temps ensoleille n'est pas au rendez-vous mais finalement,le temps brumeux rend la silhouette des rochers a l'horizon plus poetique et mysterieuse. La croisiere est comme je les aime. Quand le moteur du bateau est arrete, le silence est total. Les paysages sont bien sur fabuleux. Les pecheurs du coin sont encore tres actifs, et vivent souvent dans des maisons flottantes leur permettant de surveiller a proximite leur elevages de poissons ou d'huitres perlieres. La pause pour les personnes souhaitant se baigner a un faible succes compte tenu des conditions meteo peu encourageantes. Par contre, la grotte que nous visitons remporte tous les suffrages. Les 3 salles ont des tailles plus ou moins imposantesmais les stalagmites, stalagtites et autres formations calcaires travailles par la nature pendant des millenaires sont splendides. Enfin, la premiere nuit sera magiquepuisque passee a bord du bateau, en plein milieu de la baie... Fortement recommande si vous venez au Vietnam !

Le lendemain, nous rejoignons le port de l'ile de Cat Ba pour poser nos affaires dans l'hotel ou nous passerons notre 2eme nuit. La vue sur le port depuis le balcon de la chambre est vraiment chouette. Nous reprenons ensuite une petite embarcationnous deposant dans une crique, toujours sur l'ile de Cat Ba (dont les 2/3 de la superficie ont ete transforme en parc national). Nous continuons a pied pour atteindre le village de Vien Hai, enfonce dans une belle vallee au milieu des pitons rocheux. Apres avoir repris des forces lors du dejeuner, nous attaquons un trek relativement difficile pour atteindre le point culminant du parc national. Le sentier, rocailleux, pentu et assez boueux, rend notre progression difficile. Nos efforts seront recompenses par une vue panoramique fantastique sur la baie d'Halong d'un cote et le parc national de Cat Ba de l'autre (ce trek n'est possible que depuis 3 ans).Les ruines d'une ancienne station radar Vietcong tronent au sommet. Nous rebroussons ensuite chemin pour retourner au bateau. La pause baignade depuis le bateau avant de rentrer a l'hotel ne seduira absolument personne. Pourtant, les petites plages presentes sur les iles aux alentours sont paradisiaques. Elles doivent l'etre encore plus quand il fait plein soleil...

Le troisieme et dernier jour, nous faisons le chemin inverse du premier jour pour revenir au port de la ville d'Halong. Lors d'un arret, nous prenons une barque a moteur pour nous rendre dans unecriqueaccessible uniquement a travers une grotte naturelle. Autant vousdire que l'endroit est bien paisible... Un bus nous ramene finalement a Hanoi vers 17h pour conclure ces 3 jours inoubliables.

23/02/03 Hanoi

Nous souhaitons passer une journee relax. Par consequent, nous faisons juste un circuit dans la vieille ville, comme recommande par le Lonely Planet.

La circulation est intense mais sans atteindre le bordel monstre de Ho Chi Minh-ville. Il parait qu'il y a quelques annees, la densite de vehicules etait moins importante. Toutefois, le niveau de vie ayant fortement augmente, et le prix des moto ayant chute avec l'arrivee sur le marche des motos chinoises, taiwanaises ou meme vietnamiennes, l'acquisition d'un 2 roues motorise est devenue monnaie courante.Les motos japonaises (qui avait un quasi-monopole auparavant) coutent 2 fois plus cher que des modeles chinois equivalents (environ le double). Ici aussi personne ne porte de casque. Le gouvernement a essaye d'imposerson port il y a quelques annees mais sans succes. En particulier, la balade a 2 en moto fait partie du rituel de seduction, et le port du casque rend la balade nettement moins romantique...

Autre difference majeure par rapport a Ho Chi Minh-ville : la vieille ville. Dedale de petites ruelles, on y voit pas mal de velos et de porteurs (quasiment inexistants a Saigon). Les scenes pittoresques sont nombreuses. Comme a Hoi An, l'atmosphere est tres sympa, meme si les vietnamiens sont un peu plus rudes et moins souriants.Il y a de nombreux lacs paisibles eparpilles dans la ville. En bref, Hanoia nettement plusde charme que Ho Chi Minh-ville.De plus, cette ville est egalement un paradis pour faire du shopping. J'arrive a me maitriser difficilement... mais je n'ai rien achete jusqu'a present.

Je passe egalement ma derniere soiree avec Anne. A partir de demain, nos chemins se separent. Je pars de mon cote en jeep russe pour 6 jours dans le Nord-Ouest du Vietnam. Elle reste quand a elle quelques jours supplementaires a Hanoi avant de se rendre au Laos. Nous garderons tous les 2 des souvenirs memorables de ces 6 semaines passees ensemble. Nous sommes a Cuba lors de notre dernier resto... En effet, une bande de cubains est attable pas tres loin de nous. Ils ont amene leur CD de Buena Vista Social Club et ont demande au proprietaire de le passer en fond musical. Ils trinquent et sympathisent avec toutes les tables autour d'eux. Depaysant ! Nous l'apprendrons plus tard, Fidel Castro etait en visite pour 3 jours a Hanoi...

24/02/03 de Hanoi a Mai Chau

Je souhaite une bonne continuation a Anne puis je retrouve les 3 personnes qui vont m'accompagner durant les 6 prochains jours : Dietmar, l'Allemand qui faisait partie du groupe de la baie d'Halong, et Alana et Quinn, un couple d'australiens en voyage de noces. Notre jeep russe, fleuron de la technologie des annees 50, est rustique mais tres fiable parait-il. Dietmar connait bien ce type de vehicule puisqu'ils etaient utilises en Allemagne de l'Est lorsqu'il a fait son service militaire (dans les annees 70). Les fenetres ne se baissent pas, il n'y a pas de ceintures de securite, et un bouton-pressoir sur la planche de bordfait office de klaxon...

Nous partons vers 7h45. A partir de Hoah Binh, la route, fort jolie, commence a escalader des massifs montagneux. Apres avoir passe un col, elle debouche sur la splendide valle de Mai Chau. Peuplee de "Thai blancs", sa beaute attire de plus en plus de touristes. D'ailleurs, le village rural compose de maisons sur pilotis dans lequel nous dormirons est en train de se transformer en village de vacances. La plupart des habitants proposent d'heberger des touristes, et ont installe un stand pour vendre des tissus et des vetements brodes. Le soir, il est possible de payer pour voir un spectacle de danse traditionnel (c'est aussi le seul moyen de voir les locaux habilles avec leur costume traditionnel...). Cette densite de touristes s'explique par le fait que beaucoup de voyageurs viennent ici dans le cadre d'un circuit de 2 jours depuis Hanoi.

Toutefois, il suffit de sortir du village pour s'echapper de ce nid a touristes et profiter de grandioses paysages de rizieres coincees entre les montagnes. Comme dans le delta du fleuve rouge (de Hanoi a la baie d'Halong), le riz vient ou est en train d'etre pique. La campagne fourmille par consequent d'activite. Je trouve les locaux plus reserves et moins souriants que dans le centre ou le sud, mais on peut se balader tranquillement entre les rizieres ou les habitations (je ne me suis pas fait aborder une seule fois par des vendeurs ou des enfants). J'ai envie de prendre des photos toutes les 5 minutes, notamment des femmes travaillant dans les champs avec leur jupe et leur petite hotte sur le dos. En plus, le grand beau temps est enfin de retour. Je passe donc un apres-midi a me promener avec grand plaisir, en m'appliquant a ne pas glisser une fois de plus en deambulant entre les rizieres...

25 au 26/02/03 de Mai Chau a Tam Duong

Nous passons ces 2 jours dans la jeep : 300 km de Mai Chau a Tuan Giao, puis 200 km de Tuan Giao a Tam Duaong. La route est parfois dans un tel etat que nous mettons 1 heure pour parcourir 20 km... Par contre, quelle route superbe ! Pour aller d'un point a un autre, la droite n'existe pas : il faut necessairement passer par un col, suivre un chemin serpentant au fonds d'une vallee, ou emprunter une route accrochee a la crete d'une montagne. Les paysages sont splendides, meme si la deforestation a fait des desastres. Decidement, les voyageurs qui esperent voir de la jungle en venant au Vietnam doivent etre sacrement decus ! Neanmoins, la couleur rougeatre de la terre donne beaucoup de charme a ces collines arides. Les rizieres encaissees dans les vallees sont souvent boueuses mais toujous aussi enivrantes.

La population locale presente autant voir plus d'interet encore que les paysages. A part quelques villes mochespeuplees par des "colons" de souche vietnamienne, la majorite des villages que nous traversons sont habites par des minorites habillees de facon traditionnelle. Un veritable festival de couleurs et de noms exotiques ! Thai blanc ou noir, Hmong noir, rouge ou a fleurs, Dzao noir ou rouge, Dzay, Tay... Les coiffes des femmes sont parfois constituees d'un simple foulard enroule autour de la tete, maissont le plus souvent treselaborees : un enormechignon cache sous une piece de tissu superbement brodee (Thai), un cylindre noir pose sur les cheveux enroules autour de la tete (Hmong noir), un bonnet noir ou un foulard rouge avec des ornements metalliques ou en laine (Dzao), une longue piece de tissu sur laquelle sont accroches des pompons oranges ou bleus (Hmong rouge)...Au sein meme d'un type de minorite,le costumepeut varier d'un village a l'autre. Quel spectacle que de les voirtravailler dans les rizieres, transporter du bois dans une hotte ou faisant leurs courses au marche accoutres de cette maniere !

Les minorites vivent a des altitudes differentes selon leur anciennete dans la region. Les Taysont arrives les premiers, et ont meme forme une nation independante pendant quelques temps. Puis sont arrives les Thai et les Dzay. Ces 3 ethnies vivent donc en general dans les vallees. On retrouve a des altitudes plus elevees des minorites comme les Hmong, arrivees il y a seulement200 a 300 ans. La plupart de ces tribus viennent de Chine etleur dialecte se rapprochent par consequent du chinois. Le gouvernement vietnamien a mis en place un programme educatif pour les enfants afin de les initier a la langue et ala culture vietnamienne. Une des principales raisons : en 1979, lors de la guerre avec la Chine, les chinois tenterent d'exploiterleurs liens ancestraux avec cesminorites pour les inciter a se rebeller... Il est donc primordial pour le gouvernement de leur inculquerautant que possible un sentiment d'appartenance au Vietnam. Enfin, concernant la religion, les missionnaires francais n'ont pas ete tres performants par rapport a leurs confreres ayant officie dans les Hauts-Plateaux du Centre. Les croyances sont un autre facteur differentiateur entre minorites : certaines venerent le buffalo blanc, d'autres la lune, ou encore le chien.

Quelques faits marquants lors de ces 2 jours sur la route :
-A Moc Chau,les paysages sont atypiques pour la region puisque nous voyons de splendides plantations de the a perte de vue. De plus, une industrie laitiere y a vu le jour a la fin des annees 70 avec l'aide des Australiens. Il s'agit de l'un des rares endroits au Vietnam ou il est possible de deguster des produits laitiers frais. J'ingurgite 2 yaourts delicieux en quelques bouchees.
-A Lai Chau, lesThai celebrent le debut des travaux dans les champs, en esperant des recoltes abondantes. Nous sommes invites a trinquer avec eux, puis adanser en ronde au rythme du tambour.
- Juste avant d'arriver a Tam Duong, nous apercevons un groupe de "Hmong a fleurs" debroussaillant un champ. Il avait jusqu'alors ete plutot difficile de prendre des photosdestribus. Les routes que nous avonssuivies voient en effet peu de touristes. Certains refusent poliement ma requetede les prendre en photo, d'autres plus timides se tournent pour ne montrer que leur dos, enfin certains enfants partent en courant a la vue de l'appareil photo ! Je decide donc cette fois-ci de m'approcher doucement avec mon zoom. Tous restent sur le flanc de la colline,quelques uns s'arretent de travailler pour m'observer. Je prendsun cliche avecmon numerique des quelques hommes sur le bordde la route , et je leur montre le resultat.En voyant leur mine ebahie, tout le mondese precipite a notre rencontre. Nous restons bien 20 minutes a jouer avec l'appareil numerique. J'en profite pour prendre de superbesphotos avecmon reflex... Decidement tres pratique ce numerique !

Deux jours vraimentgeniaux par consequent. Un regret : ne pas avoir eu plus de temps pour faire des arrets reguliers afin de visiter les villages ouprofiter despoints de vue. Ce fut un peu la course.

27/02/03 au 01/03/03 Vallee de Sapa

Nour reprenons la route tot le matin pour rejoindre Sapa. Il s'agit de la route la plus vertigineuse du Vietnam puisqu'elle traverse le massifdu Fansipan, montagne la plus eleveedu pays (3143 m). En chemin, nous voyonsun marchetres pittoresque. D'un cote, des "Hmong a fleurs" sont alignes le long de la route pour vendre des salades. Leur faisant face, des femmes appartenant a la minorite Dzay vendent d'autres produits. On dirait 2 armees se preparant a une bataille !

Sapa est appelee la "Dalat du Nord". En effet, ils'agitaussi d'une station d'altitude, creee par les francais en 1904.Neanmoins, Sapa presente la particularite d'etre entouree de minorites. Le marche du week-end y estdonc tres repute et seduit deplus en plus de voyageurs. Les effets nefastes du tourisme de masse sont deja visibles. Quel contraste avec les endroits par lesquels nous sommes passes durant les 2 derniers jours ! Alors que nous etions souvent les seuls touristes et nous sejournions dans le seul hotel de la ville, il y a ici des hotels partout (plus de 60) et des touristes pour les remplir. Des femmes Hmongs noir (minorite representant 52% de la population de la vallee) sont presentes a tous les coins de rue pour vendre des produits artisanaux.

Nous sommes ravis car nous ne passerons pas une seule nuit dans cette ville :nous partons vers 12h30 pour un trek dans la vallee avec 2 nuits chez l'habitant. Les paysages sont epoustouflants etn'ont rien a voir avec le reste du Nord-Ouest. D'une part, la vallee de Sapa est encaissee au milieu des montagnes les plus hautes du Vietnam. D'autre part, cette vallee estsurpeuplee et il n'y a quasiment pas de plaine. Par consequent, les minorites ont du mettre enplace de gigantesques rizieres en terrasses accrochees sur des pentes relativement abruptes. La balade au milieu de ces rizieres est forcement biensympathique et notre guide nous fait passer par des sentiers avec des jolis points de vue. D'ingenieux systemes permettent d'exploiter la force de l'eau pour alimenter en electricite les villages et pour moudre les grains de riz et ainsi les separer de leur ecorce.

Nous ne sommes cependant pas seuls. Nous voyons de temps a autres d'autres groupes de marcheurs, il y a des stands "buvette" le long du parcours, et nous croisons regulierement des femmes ou des enfants Hmongs tentant de nous vendre leur marchandise. Heureusement, ces gens sont restes gentils comme tout. Ils ne nous prennent pas la tete etont un sens de l'humour tres developpe !

L'equilibre economique de la vallee n'a pas encore ete trop bouleverse par cette arrivee massive de capitaux et d'elements perturbateurs exterieurs :les paysans continuent pour l'instant a vacquer a leurs occupations habituelles (travaux dans les champs, ramassage du bois, fabrication d'outils divers et varies, tissage...). Pour combien de temps encore ? En particulier, seulsquelques villages accueillent des etrangers pour la nuit, et cette situation doit forcement creer des jalousies. Notre guide nous a par ailleurs confie qu'ils organisent regulierement des reunions avec les chefs de village pour les inciter a porter leur costume traditionnel (nettement moins pratique etfacile a laver que des habits occidentaux)...

Notre famille d'accueil pourla premiere nuit appartient a la minorite Dzay. La femme et ses 4 enfants sont adorables (le pere est decede il y a une dizaine d'annees).Un jeune cousin trisomique (son grand-pere a combattu dans des zonesimpactees par l'agent orange durant la guerre du Vietnam) est attachant et passe beaucoup de temps a jouer avec nous. Pas de doute, nous sommesen pleinecampagne : pour aller aux toilettes, aller derriere la maison, suivre le chemin avec les cochons a gauche, traverser le ruisseau, puis ensuite il y a des salades a droite, enfin on arrive au trou creuse dans la terreencadre par quelques planches de bois. Nous dormons sur des matelas confortables, situes a l'etage de la maison et accessibles par une echelle, juste a cote de la reserve de sacs de riz. Notre guide se revele etre un veritable chef, et il nous regalera non seulement ce soir la mais aussi tout au long de notre sejour.

Le deuxieme jour, nous continuons a descendre dans la vallee, en passant d'un flanc a un autre. Nous traversons des villages appartenant a la minorite Dzao rouge. Les rizieres sont ici aussi completement seches, mais elles possedent un certain charme puisqu'elles sont entourees de fleurs bleues (utilisees parles minorites pour creer un colorant indigo applique sur leurs vetements).A la pause dejeuner, on nous propose de boire un drole d'alcool puisque la bouteille contient un monstrueux mille-pattes (dont la piqure est mortelle parait-il !). Nous atteignons en debut d'apres-midi le deuxieme village dans lequel nous sejournerons. Il est habite par la minorite Tay, fortement influencee par les vietnamiens, et dont le seul ornement traditionnel est un foulard sur la tete. Ce village semble assez riche en comparaison avec les autres. La raison : il occupe la plaine la plus large et la plus irriguee de la vallee(2 rivieres s'y rejoignent).Ses habitants peuvent ainsi effectuer 2 recoltes par an contre 1 seule en general pour les autres minorites. Le privilege des premiers arrives dans la vallee !Il est facile de detecter la presence reguliere de touristespar ici car nous passons comme inapercu lorsque nous croisons des enfants ou leurs parents.

Le 3eme jour, nous avons droit a des crepes pour petit-dejeuner ! Nous faisons donc le plein d'energie pourmarcher une derniere fois afin de rejoindre le point de rendez-vous ou nous attend une jeep. Cette derniere nous ramene a Sapa vers 13h.Nous avons le droit de prendre unedouche chaude a notre arrivee (semi-chaude puisqu'il n'y a plus de courant depuis quelques heures). Cela change de la bassine avec eau froide des jours precedents... La ville de Sapa me fait une bien meilleure impression qu'il y a 3 jours.Nous sommes leweek-end et donc les minorites sont bien plus nombreuses a etre descendues de leur montagne.En particulier, de nombreuses femmes Hmongs achetent de jupes usees auxtribus Dzay, sans doute pour confectionner les couvertures qu'elles vendent aux touristes.

Nous dejeunons dans un restaurant appele "Baguette & Chocolat"...Probablement tenu par des francais, je mange une quiche, une tartine grillee avec des legumes et une tarte aux poires. Miam Miam.

Lorsque le minibus nous accompagnant a la gare de Lao Cai s'arrete dans un village Dzao rouge pour une derniere visite, nous sommes bien content d'etre descendu dans la vallee... Nous sommes literralement assaillis par les vendeuses durant notre petit tour (au cours duquelnous ne verrons rien d'interessant d'ailleurs). Encore une fois, heureusement que ces dernieres sont marrantes etil est sympathiquede discuter avec elles meme si nous n'achetons rien.

Arrive a Lao Cai, nous prenons un train de nuit nous ramenant a Hanoi. Cette fois-ci, nousprofitons de la categorie "Soft Sleeper", carrement le luxe par rapport au "Hard Sleeper" du train de Hue a Hanoi : nous ne sommes que 4 par compartiment et nous dormons sur demoelleux matelas...

02 au 04/03/03 Quelques jours tranquilles a Hanoi

Nous "atterrissons" vers 5h du matin a Hanoi. Afin d'eviter de se faire harasser par les taxis,nous prenons un dernier cafe ensemble en attendant que le calme revienne devant la gare. Vers 5h30, lorsque notre taxi passea cote du lac Hoan Kiem en plein centre-ville, nous sommes surpris de voir un grand nombre de personnes effectuant des excercices physiques oudu jogging!

Notre groupe 4 personnes des derniers jours dissolu,je me repose et je fais un peu d'internet. J'arrive a trouver la motivation pour me bouger l'apres-midi. Je me rends au Temple de la litterature, un "must-see" a Hanoi. Il s'agit de l'ancienne universite ou furent formes les mandarins des differentes dynasties imperiales. A l'instar des tombeaux ou de la citadelle de Hue, ce Temple est l'un des plus beaux exemples d'architecture vietnamienne. D'une symetrie parfaite, des etangs et differents batiments avec dejolis toits sont agences harmonieusement dans un parc agreable. Des musiciens y donnentdes representations de musique traditionnelle.

Un peu plus loin, un beau quartier entrecoupes delarges boulevards melange allegrement demagnifiques batiments coloniaux admirablement restaures et desedifices d'architecture"communiste", commele musee Ho Chi Minh que ma curiosite m'incite a visiter.Ce musee dedie au culte de la personnalitepresente dans un ordre chronologique des documents, des citations, et des objets associes a Ho ChiMinh.Ce dernierest mort trop tot (1969) pour se rendre compte que sa volonte de transformer leVietnam en societe utopiquea tourne au desastre. Les reformes agraires etla politique mise en oeuvre ont fait du pays l'un des plus pauvres au monde au debut des annees80. Economiquement, mais aussi culturellement sans aucun doute puisque la majoritedes artistes ontfuit a cette epoque la misere et la persecution, comme des millions de leurs compatriotes.Des changements ont commence a etre entrepris vers 1986, annee charniere comme je vous l'ai deja explique, pour mettre en place une economie pseudo-capitaliste a l'oppose des principes de l'oncle Ho... Cette guerre fratricide entre le Nord et le Sud n'aura donc servi a rien ! Etonnement, les vietnamiens n'en veulent pastrop a Ho Chi Minh et au contraire continue a le reverer, le considerantcomme le liberateur du pays plutot que comme le responsable de la mise en place catastrophique des ideauxcommunistes.

Autre aspect amusant de ce musee : la presentation abstraite de certains concepts. Allez voir la photo du volcan avec des masques tribaux symbolisant la force du mouvement national de liberation, ou encore cellepresentant des fruits et des chaises symbolisant la confiance de l'oncle Ho dans les jeunes generations (?!?).

Apres une bonne nuit reparatrice, je ne fais une derniere excursion : la Pagode des parfums, situee a une soixante de kilometres de Hanoi. Un bateau nous balade le long d'une chouette riviere encadree par des rizieres et des montagnes. Nous atteignons un complexe depagodes et de grottes-pagodes reparties dans la nature (il faudrait donc plutot dire les Pagodes des parfums). Il est possible de passer jusqu'a 3 jours pour tout visiter. Nous nous contenterons de la grotte-pagodeet de la pagode principales. Plus que le but de l'excursion en lui-meme, ce sont les pelerins venus en masse qui rendent cette journee sympathique. Nous sommes le 1er jour du mois lunaire,et les Vietnamienssont par consequentnombreux a prier, faire des offrandes et ramener quelques souvenirs.Ce sont avant toutles grands-meres qui attirent mon attention. Vetues d'une chemise et d'un pantalon en soie traditionnels, avec un turban noir ou un chapeau conique sur la tete, elles grimpent avecl'aide d'une canne de bamboules centaines de marche menant aux differents sanctuaires. Il est parfois douloureux de les voir evoluer le dos bloque parallelement au sol, suite ade trop nombreux travaux dans les rizieres. Leur sourire decouvre souvent de belles dents toutes noires...

Moi qui pensait avoir fait d'enormes progres concernant le maniement des baguettes, je prends une claque a midi. Alors que je nettoie difficilement le fonds de mon bol dans lequel j'abandonne une vingtaine de grains de riz, je m'apercois que le bol de mon voisin japonais est completement propre... Il ne reste pas un seul grain de riz ! Peut-etre arriverai-je a un tel resultat a la fin de mon voyage ?

Au retour sur Hanoi, je discute un peu avec notre guide qui m'explique pourquoi je ne vois quasiment pas de lyceennes en robe traditionnelle dans le Nord. D'une part, il peut faire beaucoup plus froid que dans le Centre ou dans le Sud. D'autre part, le port de cette robe n'est oblige que le lundi de chaque semaine. Quant aux ecoliers, c'est un tabouret en plastique qu'ils sont parfois contraints detransporter tous les lundi. En effet, ils sont regroupes dans la cour de l'ecoleen debut de semaine pour entonner des champs nationauxet pour faire le point sur les activites de la semaine passee et a venir.

Mon dernier jour a Hanoi sera dedie aux taches administratives. Apres unecourte grasse-matinee, je me rends a la banque, je vous envoie mes derniers recits et photos du Vietnam, je vais faire un tour chez le coiffeur, et je fais un peu de shopping dans la vieille ville. Pour la premiere fois, j'aurais une altercation avec un vietnamien : la receptionniste de mon hotel est persuadee que je suis reste 3 nuits alors que je ne suis reste que 2 nuitsdepuis mon arrivee de Sapa. Tout finit par s'arranger. Une grosse deception de ces derniers jours, je n'ai pascroise mes amis David et Berangere qui devaient etre sur Hanoi en ce moment. J'espere avoir de leurs nouvelles bientot.

A18h50, je prends le train en direction de Nanning, en Chine...

CONCLUSION VIETNAM

Aaaah, le Vietnam... Quel pays magique. Je n'oublierai jamais les fabuleux paysages de rizieres verdoyantes qui ont defile sous mes yeux tout au long de ceperiple. C'est sur, je reviendrai un jour, notamment pour creuser tous ces endroits hors des sentiers battus qui meritent vraiment le detour depuis les autoroutes pour touristes mis en place par les agences de voyage (Sinh Cafe et autres).

Les images et les souvenirs s'entrechoquent lorsque je repense a ces 5 semaines. Quelques passages qui m'ont marque plus que d'autres :
- le terrifiant musee de la guerre a Saigon ;
- Chau Doc, mon endroit prefere dans le delta du Mekong ;
- les cultures en terrasse autour de Dalat ;
- la route de Kontum a Quang Ngai, la plus belle du Vietnam que j'ai parcourue ;
- Hoi An et ses alentours, le coin le plus authentique et traditionnel ;
- la vieille ville de Hanoi dans laquelle je pourrai encore deambuler pendant des heures avec plaisir ;
- la vue sur la baie d'Halong depuis le point culminant de l'ile de Cat Ba ;
- les vallees du Nord-Ouest avec leurs minorites et leurs rizieresperdues entre les montagnes.

Pour ce qui est des rencontres, ce fut peut-etre moins intense qu'au Cambodge mais quelques unes resteront a jamais gravees dans ma memoire :
- en haut de la liste, il s'agit bien sur de l'incroyable heure de messe bouddhiste que j'ai vecu a Kontum au milieud'une vingtaine de venerables personnes agees.
- les rencontres avec les enfants de Kontum (ceux de l'ecole primaire pour la photo, et ceux de la minorite Bahnar en train de jouer du rock virtuel) furent brevesmais intenses ;
- l'apres-midi passee avec les enfants, les adultes et les doyens desvillages de paysans a cote de Hoi An fut sans doute la plus riche en emotions ;
- je n'oublierai pas aussi les nombreux pots a l'alcool de riz,comme celui de quelques minutes avec les paysans sur la route vers Hoi An,ou celui avec la minorite Thai a Lai Chau (lors de leur festival).

févr.
23

Vietnam (19/02/03 - 04/03/03)

  • Par fred le 23/02/03 - 09:32
Le Nord

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févr.
16

Vietnam (13/02/03 au 18/02/03)

  • Par fred le 16/02/03 - 12:39
Le centre du Vietnam. Un sejour fort agreable dans la cite pittoresque de Hoi An, enchainee par la visite de Hue, "ville sainte" et capitale du Vietnam de 1802 a 1945, puis de la zone demilitarisee ayant separe les 2 Vietnam jusqu'en 1975.

13/02/03 De Quang Ngai a Hoi An

Le principal centre d'interet de Quang Ngai est le memorial de Son My (My Lai). Le site en lui-meme n'a rien d'exceptionnel mais les souvenirs evoques en ces lieux sont terrifiants. Les americains y ont perpetre l'un des plus terribles crimes de la guerre du Vietnam. A l'aube du 16 mars 1968 debarquerent dans le sous-district de Son My plusieurs sections americaines. Leur mission : "donner une lecon" a cesvillageois dont les hameaux passaient pour un fief vietcong. En l'espace de quelques heures, plus de 500 habitants, pour la plupart des femmes, des enfants oudes vieillards,furentextermines.Des jeunes filles furent violees, les habitations incendiees, le betail massacre.Un seul blesse cote americain : un soldat s'etant tire une balle dans le pied pour echapper a son sinistre devoir.

J'enfourche une des dernieres fois la moto de Peter pour qu'il me conduise a Hoi An. Je jete un coup d'oeil a la plage de Bien Khe Ky, ou il avait prevu de me faire passer une journee. Je suis bien content d'avoirdormi une nuit supplementaire a Kontum car c'est uen plage sans charme particulier.Pour rejoindre la "Highway 1" depuis My Son, nous traversons de splendides paysages de campagne. Je ne cesse de m'emerveiller devant la beaute des rizieres.

Lors d'une pause cigarette de Peter, je me degourdis les jambes. Un paysan me fait alors signe de le rejoindre. En arrivant chez lui, je le retrouve avec ces potes prets a trinquer un verre d'acool de riz avec moi. Cul sec pour tout le monde ! Ils me proposent aussi a manger mais je dois les quitter car Peter est en train de se demander ou je suis passe. Enfin, le dernier stopest consacre aux 3 tours Cham de ChienDang, pas loin de Tam Ky.L'architecture Cham est assez similaire a celle d'Angkor donc je ne suis pas trop impressionne...

Nous atteignons Hoi An en debut d'apres-midi, en ayant traverse encore et toujours des rizieres par milliers. Je souhaite une bonne continuation a Peter puis je vais faire un tour en ville avant de retrouver Anne vers 16h.

14 au 15/02/03 Hoi An

Nous attendions beaucoup de Hoi An.De nombreuxvoyageurs nous avaient cite cet endroit comme leur favori au Vietnam. Nous n'avons pas ete decu. Cette cite pittoresque fut du XVII au XIX siecle l'un des principaux ports internationaux d'Asie du Sud-Est. Ville cosmopolite par excellence, on y croisait des marchands chinois, japonais, hollandais, indiens, portuguais... Elle fut eclipsee par Danang au debut du XX siecle, et s'eteignit petit a petit avant de renaitre depuis une dizaine d'annees grace au commerce touristique.La ville fut epargnee pendant la guerre et a conserve une grande partie de son patrimoine architectural. C'est par consequent un regal que deflaner dans cespetites rues ouaux abords de cequ'il reste du port.

Le marche de Hoi An fourmille d'activite. Il estcependant assez douloureux pour le dos de s'y balader. En effet, je vous confirme que les asiatiques ne sont pas tres grands :les parasols ou baches qu'ils installent pour proteger les aliments du soleil ne sont pas vraiment adaptes a la taille du touriste lambda occidental. C'est la meme chose lorsque l'on se promene dans des rues bordes d'arbres, qui sont tailles bien trop bas. Dernier detail amusant : le plafond de ma salle de bain a Quang Ngai s'elevait a 1,70 m... Pas pratique pour prendre une douche !

Revenons a Hoi An. Le plus surprenant ici, c'est que l'on croise a un coin de rue ungroupe de touristes de masse, et a l'autre une grand-mere en tenue traditionnelle revenant du marche. Dans une rue s'alignent des magasins de souvenirs, dans celle d'a cote, des enfantss'amusent entre euxdevant leur domicile tandisque leur papasjouent aux cartes tranquillement.Le nombre de marchands ambulants et hallucinant. Quelle scene pittoresque que de les voir trottiner avec leur bout de bois sur une epaule et leurs 2 paniers en equilibre accroches de chaque cote !

Le soir, nous avons une chance incroyable : nous assistons a la "nuit legendaire de Hoi An", qui a lieu le 14eme jour de chaque mois lunaire. Les vietnamiens y viennent en nombre, pour voir les spectacles de musique et de danse, ou les jeux dans la rue. Les eclairages sont assures uniquement par des lanternes. Magique ! En outre, des bougies flottantes sont lachees sur la riviere. Enfin,une procession avec quelques animaux sacres animes par des danseurs, comme la licorne, se promene parmi la foule. A noter que nous passons encore la soiree avec les 2 anglais deja croises a Kampot, a Sihanoukville et a Dalat !

Le 15, nous louons des velos pour visiter la campagne. Nous commencons par la pagode Chuc Thanh, la plus vieillede Hoi An puisque fondee en 1454. Puisnous allons voirdes tombes japonaises, perdues au milieu des rizieres, accompagnes de 2 enfantsnous servant de guide. Leur gentillesse finit par payer puisque nous acceptons de leur offrir un verre en remerciement. Nous sommes un peu calmes lorsque nous decouvrons le prix de la Red Bull qu'ils ont commande (1,3 euro alors qu'un coca coute 0,4 euro).

Nous allons ensuite dans le quartier des ateliers de confection de vetements. En effet, ce serait un sacrilege que de partir de Hoi An sans quelques vetementsfait sur mesure, puisque c'est unedes specialites de la ville. Je selectionne une belle chemise a manche courte en soie et coton. Je passe commande vers 11h30 pour que tout soit pret en fin de journee.

Par la suite, Anne souhaite faire un peu de plage donc nous partons chacun de notre cote. Je repere un village de potiers dans le Lonely Planet ou je decide de me rendre. Ouais bof pas terrible. Quelques ecolieres y viennent a ma rencontre. Elles me demandent forcement des stylos, que je leur donne. Puis je repere une ecole primaire. J'espere revivre la meme experience qu'a Kontum et je m'approche de l'entree avec mon appareil photo. Le flop ! Je suis completement ignore, et seuls les enfants passant a mes cotes me remarquent et me demandent des stylos.... Bien decevant tout ca. Et oui, jedois etreencore trop proche des sentiers battus...

De l'autre cote du cours d'eau longeant la route bitumee sur laquelle je me trouve, je remarque un vieux temple abandonne, que jeme donne comme but a atteindre avant de retourner manger a Hoi An. Je finis par trouver un chemin traversant le cours d'eau. J'arrive au bout d'un moment sur un petit ruisseau que 2 poutres metalliques surplombent, tel un pont levis protegeant du monde exterieurle village dont j'apercois le portique au loin. J'abandonne mon velo pour traverser les poutres et j'emprunte le chemin de terre encadre par des rizieres me conduisant a l'entree du village. Je continue encore un peu et je retombe sur des rizieres,entre lesquellesil me suffit de serpenter pour finalement arriver au temple abandonne(voir video "ou aller").

Mon estomac ne criant pas trop famine, je decide de faire un leger detour pour revenir a mon velo. Je me retrouve de nouveau dans le village, et je tombea ses abords sur de belles scenes de paysans travaillant dans les rizieres. En repartant, 2 enfants m'interpellent. Je leur fais le coup de l'appareil photo numerique et je repars. Alors que leur mere les rejoint, ils me rappellent pour que je les prennent tous les 3 en photo. Puis rapplique le pere pour une nouvelle photo. Au moment ou je les quitte, la plupart des enfants du villagesont arrives sur les lieux et s'amusent a me suivre. Je blague un moment avec eux, et lorsque je trouve un petite epicerie, je leur achete quelques paquets de chips a la crevette. Ils sont aux anges lors de la distribution. Le commercant me trouvant sans doute sympathique, il me propose de trinquer avec lui et me sort sa bouteille d'alcool de riz maison. Nous nous installons sur sa terrasse, et c'est partipour des semblants de discussion avecmon "Vietnamien de Poche", entrecoupes par des "Sante !". Les enfant sont tous autour de nous pour profiter de l'attraction du jour. Voirvideo.Alors que mon compagnon de beuverieparait plus motive que moipour continuer a remplir les verres, j'entends des percussions et il m'explique qu'il s'agit du temple voisin. Je lui demande s'il peut m'y conduire, ce qu'il accepte avec plaisir.Il me tient par la main pour m'y amener(geste sans aucune connotation au Vietnam je vous rassure). Le temple est basique. Une petite patisse avec a ses cotes une maison en bois dans laquelle vivent les doyens du village. Ils me sortent un cahier avec des noms et des nombres a cote... Je participe en effectuant moi aussi une modeste donation. Je demande a faire des photos et ils se mettent alors en 4 pour allumer les bougies ousortir une natte devant l'autel. Lorsque reapparaissent les doyens, ilsont passe une belletunique en soie noire. Je trinquefinalement encore une fois avec l'un des doyens et j'abandonne la petite troupe pour rejoindre mon velo.

Je fais que quelques dizaines de metres dans le village voisin de celui de mes nouveaux amis. Cette fois-ci, c'est mon appareil photo Reflex avec son zoom 70-300 mm qui fait fureur aupres des enfants et de leurs parents. J'y reste encore une bonne demi-heure pour m'apercevoir qu'il est 16h de l'apres-midi et que je n'ai toujours pas dejeuner. Tant qu'a faire, autant profiter jusqu'au bout de ce petit coin d'authenticite. Je vais donc me poser entre les rizieres situes entre les 2 villages visites. Mais il faut de nouveau laisser mon velo et traverser les poutres metalliques. L'acool ayant tout de meme quelque peu affecte mes facultes d'apesanteur, je glisse a l'arrivee pour m'etaler au bord d'une riziere... Ce n'est pas grave, juste un peu de boue et je me nettoie doncles mains pourenfin me poser en plein milieu des cultures. J'y reste jusqu'au coucher dusoleil vers 17h30. Un vrai bonheur ! J'observe un pecheur ainsi que des paysans travaillant dansles champs ou accompagnant leurs buffles.Je vois des lyceennes en belle robe blanche traverser avec beaucoup plus d'aisance que moi les poutres metalliques accompagnee de leur velopour rentrer au village.

Un sacre apres-midi pour conclure ce sejour agreable a Hoi An. Encore une fois, il suffit de sortir un tout petit peu des sentiers battus pour faire de belles rencontres au Vietnam.

16/02/03 de Hoi An a Hue

J'utilise enfin un coupon de mon billet "Open Tour" pour effectuer le trajet Hoi An - Hue. Nous faisons un premier stop aux "Montagnes de marbre", constituees de 5 monticules qui etaient autrefois des iles. Le bref arret de 30 minutes nous permet de visiter rapidement la grotte principale, dans laquelle ont ete erige plusieurs sanctuaires bouddhiques. Pas mal sans plus.

Le deuxieme stop est effectue au col de Hai Van, appele a juste titre "Col de nuages". En effet, alors que le temps etait ensoleille depuis Hoi An, c'est un epais plafond nuageux qui nous attend de l'autre cote du col : tel un mur de separation, il protege le Sud des violents "vents chinois" du Nord-Est. D'ailleurs, nous ne reverronsun beau ciel bleu que une semaine plus tard. La vue du col est spectaculaire, et il reste quelques bunkers datant de la guerre du Vietnam, ainsi qu'un vieux fort francais.

Nous debarquons a Hue en debut d'apres-midi,et nous trouvons un hotel flambant neuf avec une accueil fort sympathique. Pour profiter des quelques heures de soleil (de nuages plutot...) qu'il nous reste, nous partons visiter la citadelle. Entamee en 1804, elle est entouree de remparts et de douvesde 10 km. En plein coeur decette citadelle fut erigee la Cite pourpre interdite dans laquelle vecurent les differents empereurs de la dynastie des NGuyen, de 1802 a 1945.

Heureusement, nous nous offrons les services d'un guide pour rendre la visite interessante car sinon je dois dire que le site est tres decevant. Lors de l'offensive du Teten 1968, lesNord-Vietnamiens reussirent a s'emparer de la ville durant 25 jours. Les combatsprovoquerent la destruction de la plupart des batiments a l'interieur de la citadelle. Par consequent,seules quelques constructions renoveess'offrent a nos yeux au milieu de vastes etendues desertes.

Notre guide nous apprend en particulier qu'il existe 4 animaux sacres au Vietnam (on les voit un peu partout):
- la tortue, symbole delongevite
- la licorne, symbole de fidelite (associee aux mandarins)
- le phoenix, symbole debeaute (associe aux femmes)
- le dragon, symbole de prosperite (associe a l'empereur)

Les batiments sont souvent concus avec 3 terrasses representant respectivementle ciel, la terre et l'homme. Le chiffre 9 porte bohneur (il y a 9 canons sacres, 9 urnes dynastiques, 9 allees dans les temples).Parfaitement symetrique, laCite pourpreest composee de batiments centraux reserves a l'empereur avec d'un cote des edifices affectesaux mandarins civils, et de l'autre desedifices reserves aux mandarins militaires.La cite interdite ne pouvait accueillir que les eunuques car ils ne representaient pas de menace pour la vertue des nombreuses concubines de l'empereur (104 pour Tu Duc...).

Cet apres-midi ne fut donc guere excitant,d'autant plus que le temps etait grisatre et la ville de Hue ne nous a guere emballe.

17/02/03 Hue et ses environs

Plutot qu'une croisiere classique sur la riviere des parfums avec duree de chaque stop chronometree par le guide, nous optons une fois de plus pour une visite a moto. Nous pouvons ainsi choisir une partie de notre itineraire, et abreger ou prolonger les arrets selon nos humeurs. Cette journee fut d'ailleurs autrement plus passionnante quecelle de la veille.Hue est appelee la"ville sainte",maisce sont essentiellementses environs qui justifient cette appelation : on y trouve les tombeaux des empereurs de la dynastie NGuyen,ainsiqu'un nombre impressionnant de pagodes et de cimetierres. On y croiseegalement beaucoup plus de moineset de nonnesque dans le reste du pays.

Nous attaquons au petit matin avec l'une des pagodes les plus connues du Vietnam : la pagode Thien Mu.La tour octogonale de 21 metres s'elevant majestueusement a son entree, de beaux edifices ainsi que des jardins agreables me feront tomber sous son charme. Malheureusement,les touristes sonttres nombreux, et doivent pas mal perturber la serenite des moines.

Puis nous faisons un petit tour dans la campagne pour rejoindre le pont de Thanh Toan, une passerelle couverte proche du pont japonais de Hoi An. Notre circuit nous fait ensuite traverser de vastes cimetierres jusqu'au tombeau de l'empereur Khai Dinh, situe a 10 km de Hue. Nous observons ce tombeau de l'exterieur uniquement. Son architecture marie allegrement des elements vietnamiens et europeens, Khai Dinh ayant regne de 1916 a 1925.

Nous essayons d'arriver a la pagode Tu Hieu avant 12 h afin d'assister au repas et a la messe des 80 moines etudiant et vivant dans cette universite bouddhiste reputee mondialement. Un moine ayant publie de nombreux livres devenus des best-seller dans les pays occidentaux, Thich Nhat Hanh, y a ete forme. Ce dernier a vecu longtemps a l'etranger et s'est etabli recemment dans la region bordelaise. Les moines viennent se former dans cette universitependant 4 ans avant de retourner dans leur pagode d'origine. A noter que les preceptes du bouddhisme Mayahanales incitent asubvenir a leurs propres besoins.Ils possedent par consequent leurs propres terres qu'ils cultivent a tour de role. Les donations servent principalement a renover et a entretenir le temple.Ceci explique pourquoi nous n'avons quasiment pasvu de processions de moines faisant l'aumone au Vietnam, alors que ces scenes sontjournalieresdans les autres pays d'Asie du Sud-Est (ou l'on pratique le bouddhisme Theravada).

Nous enchainons avec le tombeau de Tu Duc, dont le regne a dure de 1848 a 1883. Il s'agira de ma visite favorite de la journee. Les paysagistes de l'epoque ont effectue un travail admirable. Une ile trone au milieu d'un beau lac artificiel. Le temple est encore dans un etat admirable, et la cour d'honneur menant au tombeau est ornee de majestueux frangipaniers. L'autretombeau a ne pas manquer est celui de Minh Mang, empereur de 1820 a 1840. Encore plus imposant que celui de Tu Duc, il a cependant moins de charme, meme si le parc dans lequel sont agences les differents edifices est superbe.

La balade en moto se terminant vers 15h30, je loue un velo afin de me rendre dans le village de sampans repere la veille. Pour y acceder, je traverse un labyrinthe de petites ruelles. Les habitants parraissent surpris de m'y voir deambuler.Quand j'arrive sur la berge de la riviere des parfums, une famille vivant sur un bateau me propose de faire un tour au milieu des sampans. J'accepte avec plaisir (je leur donne quand meme une petite compensation), et une gamine me balade sur une fragile embarcation pendant une demi-heure. Tres sympa.

Nous passons la soiree avec un francais d'une trentaine d'annees voyageant en Asie du Sud-Est pendant 4 mois avec 2 comperes. Leur budget : 6 a 7 dollars par jour ! Ils vivent en France dans des camions avec le RMI, et ont par consequent des moyens tres limites. Apparemment, ils passent une bonne partie de leur temps a se bourrer la gueule car lorsque ses 2 amis nous rejoignent, l'un d'entre eux est dans un etat d'hebriete plus qu'avance...

18/02/03 La DMZ

Anne souhaite faire un peu d'economies et reste donc sur Hue tandis que je me joins a un tour organise dans l'ancienne zone demilitarisee (DMZ). L'armistice de 1954 entre le gouvernement d'Ho Chi Minh et la France stipulait, entre autres, la creation d'une zone demilitarisee temporaire de 5 km de part et d'autre du fleuve Ben Hai. Les elections prevues en 1956 pour reunifier le pays n'ayant pas eu lieu, cette ligne de demarcation devint la frontiere officielle entre les 2 Etats du Vietnam autoproclames.

Lorsque le Vietnam du Nord lanca "la campagne de liberation" du Vietnam du Sud vers 1960, la DMZ devint progressivement le theatre des plus sanglants combats de la guerre, en particulier a partir de 1965, date a laquelle les americains intensifierent leur intervention. Pour eviter la penetration des troupes communistes, ainsi que l'approvisionnement de la guerilla menee dans le Sud, les americains etablirent une serie de base le long de la "Highway 9" reliant Dong Ha a la frontiere laotienne. Tout compte fait, la fameuse piste Ho Chi Minh contourna ce "barrage" en passant par le Laos et le Cambodge.

Nous entamons la visite en traversant le fleuve Ben Hai pour rejoindre le remarquable reseau de tunnels de Vinh Moc. Situe juste au Nord de la DMZ, cet endroit devint l'une des regions les plus bombardees de la planete. Plutot que de prendre la fuite, les courageux villageois entreprirent de creuserun vaste reseau de souterrains vers 1965-1966pour survivre. Les forces Vietcong et Nord-Vietnamiennes en profiterent pour y etablir une base, en particulier pour acheminer des tonnes de materiel vers l'ile voisine de Con Co. Les tunnels sont plus larges que ceux de Cu Chi, au Nord de Saigon, et donc moins impressionants. Mais ils sont plus authentiques et elabores, puisque repartis sur 3 niveaux s'enfoncant jusqu'a 23 metresde profondeur.

Ensuite, nous faisons un stop rapide devant l'ancienne base americaine de Doc Mieu etun cimetierre militaire Nord-Vietnamien (nous en avons deja vu un nombre impressionnant le long des routes dans l'ensemble du pays). Apres dejeuner, nous remontons la Highway 9 jusqu'a quelques kilometres de la frontiere avec le Laos. Nous y visitonsles restes de labase americaine de Khe Sanh, qui fut le theatre du siege le plus celebre de la guerre. Les Nord-Vietnamiens commencerent a pillonnercette base le 21 janvier 1968. Les combats durerent jusqu'au 7avril 1968, date a laquelle les troupes americaines reussirent a reouvrir la Highway 9. Ayant tout de meme coute la vie a 10 000 Nord-Vietnamiens, le siege de la base de Khe Sanh n'etait en fait qu'une gigantesque diversion pour detourner l'attention des villes du Sud : ces dernieres furent les cibles de l'offensive de Tet, une semaine apres le debut de la bataille de Khe Sanh. En juillet 1968, lors du redeploiement des forces americaines, l'etat-major considera que cette base etait situee sur un emplacement sans interet strategique et fut finalement abandonnee...

Les faits historiques sont nettement plus interessants que les restes de la base puisqu'il n'y a quasiment rien a voir sur le site. Par contre, la Highway 9 traverse des paysages montagneux de toute beaute. La vegetation y a peu a peu repris ses droits, meme si de multiples collines sontencore steriles et seules quelques broussailles s'acharnent a y survivre. Les nombreuses minorites qui vivent dans cettevallee ont du avoir un peu de mal a comprendre ce qu'il se passait au debut de la guerre...

A la fin de cette journee enrichissante, j'ai une grosse envie de revoir les chefs d'oeuvre du cinema americain traitant de la guerre du Vietnam : Voyage au bout de l'enfer, Platoon, La ligne rouge...

De retoura Hue, je fais un chat sympathique avec quelques aficionados du site, puis nous nous rendons a la gare pour prendre le train de 21h30 nous emmenant jusqu'a Hanoi. Incroyable : la personne se trouvant dans notre compartiment est Sophie, une franco-anglaise qui etait avec nous aBokor au Cambodge et que nous avions revu a plusieurs reprises.

févr.
15

Vietnam (13/02/03 - 18/02/03)

  • Par fred le 15/02/03 - 15:48
Le Centre

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févr.
12

Vietnam (06/02/03 au 12/02/03)

  • Par fred le 12/02/03 - 10:56
Visite des Hauts-Plateaux en commencant par Dalat, ancienne station d'altitude des colons francais. Puis circuit a moto de 6 jours passant par le lac Lak, Buan Ma Thuot, et Kontum avant de redescendre sur la cote.

06/02/03 DeHo Chi Minh-Villea Dalat

Quand on voyage en routard au Vietnam, on peut beneficier de tarifs incroyables proposes par des agences de voyage specialisees (Sinh Cafe, T.M. Brothers, Kim Cafe...). C'est ce que nous avons fait jusqu'a present pour visiter les environs de Saigon et le Delta du Mekong. Ces agences vendent egalement des "Open Tours", qui permettent d'aller en bus de Saigon a Hanoi (ou l'inverse) en s'arretant le long du parcours a Dalat, Nha Trang, Hoi An et Hue. Le tout au tarif incroyable de 25 dollars ! Comme la majorite des routards, nous profitons de cette offre et partons le matin sur Dalat.

Des la sortie de Saigon, les paysages n'ont rien a voir avec ceux auxquels nous nous etions habitues jusqu'a present. En particulier, il n'y a plus de rizieres, mais de la vegetation broussailleuse et des forets. Nous commencons a monter en altitude. La route devient de plus en plus sinueuse, et traverse une jungle epaisse pour finalement deboucher sur la region desHauts-Plateaux. Compte-tenu de l'altitude et du climat, on y pratique essentiellement les cultures maraicheres et horticoles. Les villes sont peuplees de personnes de souche vietnamienne, alors que les campagnes sont habitees par les "Montagnards", des minorites ethniques diverses qui vivent ici depuis des siecles. Ces derniers sont facilement reconnaissables. Ils ont le teint tres mat. Ils ne portent pas de costumes traditionnels maissont habilles d'une facon trahissant leur pauvrete (des vetements troues et sales)et portent souvent un foulard sur la tete. On les voit marchant le long des routes, avec leur hotte et leurs outils agricoles. Ils habitent dans des villages composes de maisons en bois ou en terre.

Nous continuons a monter. La vegetation se transforme petit a petit engigantesques forets de pins un peu avant l'arrivee a Dalat, qui est perchee a 1500 metres. Une fois l'hotel choisi, nous faisons un petit tour rapide pour decouvrir cette station d'altitude creee par les francais en 1893. S'etendant sur des collines autour d'un lac artificiel, la ville en elle-meme n'est pas tres belle mais l'atmosphere y est paisible etla circulation peu intense. Les cyclistes doivent vivre un veritable calvaire ici car toutes les rues montent ou descendent ! En amont et en aval du lac, on trouve de nombreux champs cultives au milieu des habitations. Les alentours de Dalat (forets, lacs, chutes d'eau) attirent un grand nombre de vietnamiens pendant les vacances (pres de 300 000 chaque annee), et donc de nombreuses attractions touristiques a leurs gouts ont ete creees (plutot kitsch selon nos criteres occidentaux, genre location de pedalos en forme de cigne sur le lac).

Enfin,le climat est plutot frais. Tres frais meme ! Nous sommes surpris par le froid qui nous accueille. Nous comprenons pourquoi tous les motards etaient emmitoufles dans de gros manteaux, avecdes bonnets et des echarpes. Il faut bien reconnaitre que les vietnamienssont plus frileux que nous, mais je suis quand memetres content de pouvoir sortir ma polaire en soiree !

Je termine la journeesur internet. Pour la premiere fois, je suis sidere par la lenteur de la connexion. Il faut dire que les 2 cafes internet de la ville sontbondes et lesjeunes vietnamiens y ont decouvert les joies du chat avec webcam et du MP3...

07/02/03 Dalat et ses environs

Nous utilisons les services de 2 moto-taxi pour la journee. Nous commencons par la "Crazy House", une maison psychedelique construite par la fille de l'ancienchef d'etat du pays(1981-1988). Petit bijou de contre-culture, le style melange allegrement du Gaudi avec du Walt Disney. L'ensemble sera termine en 2010. Nous consacrons le reste de la matinee aux magnifiques cultures en terrasse disseminees dans et autour de la ville. Nous y voyons de nombreux paysans au travail : recolte des carottes, arrosage, semage... Les paysages sont splendides. Apres avoir jete un coup d'oeil au reservoir de Quang Trung (un autre lac artificiel), nous visitons une pagode envahie par les touristes vietnamiens. A l'instar des japonais, ces derniers sont ferus de poses photos devant les monuments, les jardins ou les paysages, et il est amusant de les voira l'oeuvre avecleurs sourires un peu coinces.

Nous enchainons avec le "village du poulet", situe a 17 km de Dalat. Peuple par la minorite Koho, ce village tire son nom de l'enorme poulet en betonpresent sur la place principale. Il fut erige en l'honneur d'une jeune fille decedee dans la foret a la recherche d'un poulet a 9 ergots, un cadeau qui avait ete demande par la famille de son fiancee. La pauvrete des habitants est bien apparente.Nous discutons avec une femme dont le mari est parti a "4 montagnes du village" pour faire du charbon en prenant soin d'eviter les gardes forestiers.Ces montagnardsontparfaitement conscience de la nuisance a long terme de la deforestation mais ils n'ont pas d'autres alternatives s'ils veulent survivre. Heureusement, l'etatles aide et a par exemple fait construire une ecole pour permettre aux enfants d'apprendre le vietnamien en complement de leur dialecte. Par ailleurs, ils ont un acces a cout reduit aux frais medicaux. Leur integration dans la societe reste toutefois difficile : seuls 1% d'entre eux se marient avec une personne de souche vietnamienne.

Ce village, situe sur la route entre Dalat et Nha Trang voit beaucoup devisiteurs (dont ceux des "Open Tours"), et nous sommes donc tres surpris par leur accueil et leur gentillesse. L'industrie touristique n'a pas encore trop eu d'impact, notamment sur les enfants qui ne viennent pas quemander des bonbons ou des stylos. Nous terminons par une fabrique artisanale d'encens. Une personne bien entrainee est capable d'en realiser entre 10 000 et 15 000 par jour !

Une visite tres rapide d'une des chutes d'eau avoisinante de Dalat (Dalanta Waterfalls) et dont raffolent les vietnamiens me suffit. Surexploite commercialement et ridiculement petite, il y a meme un pont l'enjambant pour les amoureux souhaitant"The"cliche souvenir a placer au dessus de la cheminee. Nous concluons la journee par un tour des vestiges de la presence francaise a Dalat : les chalets pour la plupart abandonnes (bientot renoves par Sofitel qui les a tous rachete) ; l'ancienne gare ; l'ancien lycee.

Pendant que Anne se repose sur la terrasse d'un cafe, je me dirige vers le boulodrome que j'avais repere la veille. Pendant que quelques personnes jouent, un sextagenaire m'accueille avec un francais impeccable. Militaire dans sa jeunesse, il a officie en particulier au Cambodge jusqu'en 1970, ouil jouaita la petanquetous les samedi soir et les dimanche avec ses confreres. Il m'explique que ce boulodrome est tout recent (il date de 2 mois), et qu'il est malheureusement tres difficile de trouver de bonnes boules au Vietnam(celles fabriquees ici sont de mauvaise qualite et sont toutes cabossees au bout de 2 mois d'utilisation). Il me demande si c'est bien Obut et JB qui sont les principaux fabricants en France. Il me parle des derniers championnats ayant vu s'affronter des representants des differents pays asiatiques. Nous faisons ensuiteequipe pour jouer contre une autre paire peu experimentee. Je pointe comme jepeuxmais il tire admirablement, ce qui nous permet de remporter2 parties d'affilee.

Je rejoins Anne, et nous allons manger au restaurant ou nous nous sommes regale la veille. Nous y retrouvons par hasard nos amis anglais deja rencontres a Kampot et a Sihanoukville ! Nous concluons par des desserts achetesdans la patisserie du coin. Pas mauvais mais je vous deconseille d'essayer un jour le gateau a la poire et au gingembre...

08/02/03 De Dalat au lac Lak

Je vous ai deja parle des nombreuses agences specialisees qui permettent de voyager facilement en routard au Vietnam (pour pas cher). Le probleme, c'est que tout le monde fait la meme chose et leurs circuits ne permettent pas de sortir des sentiers battus. Nous nous sommes par consequent laisse convaincre par Rene etPeter, nos 2 moto-taxid'hier : nous redescendrons avec eux sur la cote en passant par les Hauts-Plateaux a moto. Tant pis pour notre billet "Open Tour" deja achete. Le hic, c'est que ca coute relativement cher et Anne ne peut donc pas se permettre un tel luxe pendant une longue duree.Nous decidons defaire un bout de route ensemble pendant 2 jours puis elle redescendra sur Nha Trang en 1 jour avec Rene, tandis que je continuerai jusqu'a Hoi An avec Peter. Mon circuit me fera parcourir pres de 900 kilometres en 6 jours.

L'encombrant sac-a-dos sur le porte-bagage, nous partons vers le lac Lak, en empruntant la route vers Buan Ma Thuot. Cette derniere nous rappelleparfoisle Cambodge : plusieurstroncons ne sont pas goudronnes etnous bouffons par consequent pas mal de poussiere.Neanmoins, cete route a le merite d'etre magnifique.Des plantations dethe, de cafe, quelques rizieres, et un peu de jungle composent les paysages. Nous voyons egalement des collines dediees a la culture en terrasse de riz pluvial (terrasses non inondees et donc exploitees uniquement durant la saison des pluies). Nos guides nous font decouvrir la culture des champignons et la preparation des galettes de riz. La region est uniquement peuplee par des Montagnards dont les habitations sont on ne peut plus sommaires.Les bords des routes sontmis a profit four faire secherdu manioc,du mais ou de longues herbes utilisees pour fabriquer des balais. Lors de notre pose dejeuner, la tele diffuse "La roue de la fortune" en version vietnamienne... La descente vers la vallee du lac Lak nous fait ensuite traverser de superbes forets de bambou. Nous y croisons avec surprise quelques membres en habit traditionnel des minorites Hmong, qui vivent habituellement dans le Nord du pays. Nos guides nous expliquent qu'ilsmenent parfois une vie nomade dansles Hauts-Plateaux aux terres plus fertiles que celles du Nord.

Nous rejoignonsle village N'mong, pose au bord du lac, dans lequel nous passerons la nuit. Le cadre est paradisiaque. Peu de touristes occidentaux viennent s'aventurer dans ce coin perdu.Les habitudes et les traditions semblent avoir ete conservees en grande partie. Nous y voyons de nombreuses scenes authentiques. Les paysans travaillent la terre ou rentrent leur betail. Le matin, toute le monde prepare la soupe pour les cochons, a base d'algues recoltees dans le lac. Les habitations sont des "maisons longues" en bois, avec une seule grande piece partagee par toute la famille. Une de ces maisons a ete transformee en dortoir pour les quelquesvoyageurs de passage. Les enfants sont adorables et acceptent des friandises avec beaucoup de timidite. Dans le village face au notre, nous essayons de converser avec difficulte avec l'epicier du coin qui accepte les liquidites ou le troc.

Quelques evolutions a signaler toutefois...Lespaysans ne portent plus le costume traditionnel. Les pecheurs ont changeleurs techniques pour ramener de belles prises.Ils utilisaient autrefois des produits emanant d'ecorces d'arbre pour faire remonter a la surface des poissons qu'ils attrapaient avec une epuisette (le lac est peu profond). Desormais, c'estun champ electrique, cree a l'aide de fils relies a une batterie portee sur le dos, qui permet de repousser le poisson vers la surface... Les elephants exploites pour transporter des troncs d'arbre servent aussi a balader les touristes moyennant quelques dizaines de dollars. Lorsque nous debarquons au village, un spectacle avec costumes, danses, chants et musiques traditionnels a ete prepare pour un car de touristes vietnamiens de Buan Ma Thot. Esperons que les evolutions resteront limitees a celles constatees aujourd'hui.

Un incident a deplorer en fin de journee. Alors que je regarde des enfants jouer au babyfoot (!), le singe dans la cage a cote aggripe mes lunettes et les fait tomber par terre. Rien de grave, elles sont juste un peu tordues. Elles retrouveront leur forme originelle le lendemain apres un tour rapide chez un opticien officiant dansune rue a cote du marche central de Buan Ma Thuot.

09/02/03 Du lac Lak a Dray Sap

Nous, on aime bien les journees thematiques. Aujourd'hui, ce sera les chutes d'eau, les vrais, pas les chutes pour amateurs aux alentours de Dalat. Le matin, nous dejeunons devant une tele diffusant sur la chaine locale le match de foot Auxerre/Sedan (!?!). La route de 50 km nous conduisant jusqu'a Buan Ma Thuot est bordee d'habitations et n'est pas franchement terrible. Une fois arrive, nous faisons une courte pause dans cette grosse ville moche. Le marche est par contre tres chouette, avec de beaux etalages de legumes ou de poissons seches. A notre retour, nos guides qui nous attendaient dans un cafe s'adonnent aux joies du Karaoke.

Nous reprenons la route pour rejoindre le parc national de Dray Sap, qui abrite certaines des plus belles chutes d'eau du pays (avec celles de Bao Loc d'apres nos guides). Plutot que de commencer par les chutes principales, nous prenons une piste pendant quelques kilometres, et Rene nous depose dans un de ses endroits secrets. Un chemin a travers la jungle debouche sur une belle piscine naturelle dans laquelle on peut se baigner. Surprise, nous ne sommes pas tout seul : un ingenieur des eaux et forets, egalement professeur a Saigon, a amene sa famille et ses etudiants. Alors que nous discutons un peu, l'un d'entre eux s'evertue a decrocher un petit arbuste ayant pousse au milieu des rochers : avec ses racines torturees, il devrait permettre d'obtenir un tres beau Bonsai.

Puis, nous allons voir quelques belles chutes d'eau perdues dans la foret, avant de revenir vers les chutes principales, ou nous retrouvons pas mal de touristes vietnamiens toujours en vacances. Bon,ce ne sont pas les chutes du Niagara, mais le cadre est superbe. Une serie de chutes, petites moyennes ou grosses s'enchainent harmonieusement. Voir vidéo. Rene deplore le manque d'education des vietnamiens concernant les dechets... En effet, l'endroit est malheureusement en train de devenir une vraie poubelle. Il parait que les enfants suivent des cours pour eviter de jeter les detritus dans la nature. Esperons que les habitudes changeront. A noter que des Montagnards vivent egalement dans le coin. Ils pechent s'en se preoccuper des touristes. Certains disposent dangeureusement leurs filets juste en haut des chutes. Impressionnant !

Pour l'hotel,grand luxe apres la nuit passee dans la "maison longue" : il s'agit d'un joli bungalow perche au-dessus des Virgin Waterfalls, de beaux rapides circulant au milieu de gros rochers aux formes bizarroides.

10/02/03 De Dray Sap a Kontum

Le matin, je dis au revoir temporairement a Anne, et nous nous donnons rendez-vous a Hoi An le 13. Beaucoup de route aujourd'hui (250 km) avecdes paysages pas fantastiques. La deforestation et l'agent Orange deverse par les americains pendant la guerre du Vietnam ont fait des ravages, et il n'y a presque plus de foret ou de jungle. Par contre,nous traversons de nombreuses plantations de cafe, de poivre ou d'heveas. En outre, nousfaisons une pause pour assister a la fabrication des nouilles. Comme les galettes de riz,on les faitensuite secher au soleil.

Les vacances scolaires sont finies et les ecoliers ou lyceens ont repris le chemin de l'ecole. Ils sont donc tres nombreux sur la route, le plus souvent a velo. Les lyceennes dans leur robe traditionnelle sont d'une elegance incroyable.Voir vidéo. Lorsque nous rejoignons enfin Pleiku, je suis bien casse. Heureusement, je mangedans un restaurant local mon meilleur repas du sejour:du porc grille avec du riz et une delicieuse sauce. Quand je me balade dans le marche, je me fais devisager comme jamais par les nombreux Montagnards venus vendrequelques legumes poses sur leur hotte.

D'apres Peter, il ne fait pas bon s'attarder a Pleiku. Les minorites y manifestent regulierement pour se plaindre de leur condition, et en particulier de la confiscation de leurs terres qui sont ensuite redistribuees aux "colons" de souche vietnamiennes. Nous repartons donc apres un bref stop pour jeter un coup d'oeil au lac de la Mer situe a la sortie de la ville. La route estassez quelconque jusqu'a notre destination finale, la ville de Kontum. Cettederniere, comme la plupart des villes au Vietnam, a beaucoup souffert pendant la guerre et n'estdonc pas tres belle. Par contre, elle est entouree de rizieres, de collines et de villages de minorites. De plus, l'atmosphere y est tres paisible par rapport a Buan Ma Thuot ou Pleiku.

Apres un peu de repos, nous nous rendons dans un village Bahnar. J'y suis accueilli avec beaucoup de gentillesse et je visite la maison Rong du village, un beau batiment sureleve par des pilotis.Ce batimentaccueille les manifestations locales importantes, et servait a l'origine a se proteger des elephants, des tigres et autres animaux sauvages (qui ont completement disparu de la region). Nous changeons de style ensuite puisque je decouvre l'une des plus vieilles eglises du Vietnam : entierement en bois, elle est construite sur pilotis et un batiment a ses cote fait office d'orphelinat.

Peter avait prevu de partir le lendemain sur la cote, pour y passer 2 nuits, dontune au bord de la plage. Je lui explique que je prefere rester une nuit supplementaire a Kontum pour decouvrir cet endroit a l'ecart des circuits touristiques.

11/02/03 Kontum

Le matin, je me fais reveiller a5 heures par la radio diffusee dans laville a tue-tete. Lorsqu'a Chau Doc, nous avions aussi eu cette radio de rue, c'etait en fin d'apres-midi. Soit disant,les citadins peuvent ainsi faire un peu d'excercicesphysiques matinaux. Et ceux qui veulent dormir, bordel !

Nous rendons de nouveau visite aux minorites Bahnar situees aux alentours de la ville. Comme la veille, je m'y balade avec beaucoup de plaisir. Leurs maisons traditionnelles, sur pilotis et en terre, ont beaucoup de charme. Comme depuis le debut de mon sejour dans les Hauts-Plateaux, les enfants sont tres attachants et les plus jeunes d'entre eux sont encore craintifs. J'apercois a un moment un groupe d'entre eux s'amusant a jouer comme un groupe de rock. Le contact se passe tres bien lorsque je fais semblant de danser sur leur musique virtuelle. Je les rejoins donc et je m'amuse quelques instants avec eux. La batterie fabriquee artisanalement a base de bouts de bois et de bouteilles en plastique est carrement top ! Lorsque je leur distribue des bonbons, ils se mettent gentillement en rang en avancant une main et se concertent pour savoir qui connait le petit mot magique. L'un d'entre eux connait la reponse, et ils entonnent alors en coeur un "Thank You" attendrissant.

Peter m'explique qu'il n'y a pas grand chose d'autre a faire a Kontum, et je decide donc de prendre un velo pour me balader de mon cote. Je visite le temple bouddhiste de la ville. On me recommande de repasser a 19h car les quelques moines font actuellement la sieste. Puis je fais un tour tranquille dans la campagne environnante, dans quelques villages, rizieres et champs cultives. Lorsque je tombe sur une ecole primaire lors de la recreation, je decide de m'avancer pour prendre une photo.Les ecoliers sont marrants avec leur uniforme a pantalon bleu, chemise blanche etfoulard rouge autour du cou. Un premier groupe me repere et se met a sautercomme des sauterelles pour que je les prenne en photo. Un surveillant passe parmi eux avec une canne de bambou pour calmer leur ardeur. Lorsqu'il s'eloigne, d'autres ecoliers detectent ma presence a leur tour et commencent a tous venir vers moi. Ils sautent de joie et d'excitation aun metre de mon objectif. Je prends mon cliche, et 2 secondes plus tard sonne la fin de la recreation. 5 secondes apres, il n'y a plus personne devant moi, et tous les enfants sont en rang prets a rentrer dans leur salle de classe. Un des moments sympa de cette journee. Le plus memorable sera a venir...

Pose sur le bord de la route a observer les paysans et les ecoliers deambuler devant moi, un vieux m'interpelle et m'invite chez lui lorsqu'il apprend que je suis francais. Il m'offre le the, et essaye un peu de parler avec moi en francais. Je le quitte au bout d'une demi-heure pour aller voir le coucher du soleil, puis je me dirige comme prevu vers le temple bouddhiste a 19h. Une vingtaine de femmes agees en robe de soie traditionnelle grise sont presentes, et font leurs salutations aux differentes divinites du temple. Puis elles s'installent devant un pupitre pose a meme le sol, et papotent entre elles en attendant le debut de la ceremonie. Je m'approche timidement. Une premiere me remarque et me fait signe de rentrer dans le temple. Je lui indique par des gestes que je prefere rester devant l'entree. Puis, d'autres femmes me voyant a leur tour insistent pour que je m'installe a leur cote.Je me lance et je vais m'accroupir devant le pupitre qu'on m'indique. Je n'ai pas le temps de comprendrece qui m'arrive que la messe commence ! Bien sur,mes 2 voisines ne parlentpas un mot d'anglais, mais s'occupent de moi avec une gentillesse incroyable. Elles me montrent les differents gestes et courbettes a effectuer, me preparent dans lerecueil de chants les differentes prieres a reciter.J'essaye un peu de chanter au debut, mais j'abandonne rapidement car j'ai du mal a suivreet mes intonationsnes'accordent pas trop avec celles de l'assemblee... Mes voisines continuent a m'aider : elles me montrent du doigt la ligne chantee actuellement, et me signalent les refrains a entonner 3 fois. Souvent un peu perdu dans le texte, je mime ma voisine de gauche et je tourne la page en meme temps qu'elle... Le moine en robe orange au centre du temple nous fait quelques solos, et frappede temps a autre dans une cloche. Une autre personne imprime le rythme en tapant dans un bout de bambou.

A la fin de la messe, les femmessont toutes excitees et blaguent entre elles en raison de ma presence incongrue. Je suis tres surpris car meme le moine principal semble ravi de ma participation. Laissez moi vous dire que cette heure de messe restera un sacre souvenir ! Je n'ai pas vu le temps passer.

Il y avait un unique jeune hommevietnamien present lors dela ceremonie, et ce dernier etant capable de baragouiner quelques mots en anglais, il me propose de me rameneren moto a mon hotel. Il m'offre ensuite un cocktail de fruit au marche central. Malgre nos efforts, nous avonsbeaucoup de difficultesa echanger des informations. J'ai bien mon "vietnamien de poche" avec moi, mais cela ne suffit pas. Je rentre ensuite me coucher encore tout etourdi par cette journee riche en rencontres insolites avec la population locale.

12/02/03 De Kontum a Quang Ngai

Extraordinaires ! Aucun autreadjectif ne pourrait mieux decrire les 230 km de paysages qui ont defile sous mes yeux aujourd'hui. Le Lonely Planet sur le Vietnam ne parle meme pas de cette route...Nous commencons en quittant Kontum par quelques villages de Montagnards chretiens. Les eglisesdifferent quelque peu des notres (voir photo) ... Lors d'une pause le vent renverse la moto, qui tombe sur mon casque et le fele. Pas tres raisonnable mais n'ayant d'autre choix, je ferai le reste du parcours jusqu'a Quang Ngai les cheveux au vent.

Nous voyons 2 beaux ponts suspendus en bois, puis nous amorconsnotre montee versune chaine de montagnes. Les minorites cultiventessentiellement le mais sur le flanc des collines. La temperature devient de plus en plus fraiche tandis que les nuages remplissent le ciel. Je passe donc un pull. La vegetation estdesormais constituee de magnifiques forets de pins avant de se transformer en jungle tres dense. Enfin ! Pour l'instant, nous n'avions pas beaucoup vu ces fameuses jungles epaisses dans lesquelsprogressent avec difficulte les soldats americains dans les films de guerre sur le Vietnam.A present, je suis en plein dedant. Desole, mais ce ne sera toujours pas pour aujourd'hui ma premiere "vraie" pluie. Quelques gouttes se mettent a tomber, mais j'ai a peine le temps d'enfiler mon impermeable que l'ondee s'arrete. Je me demande a quoi servent les nuages ici.

Dans les petites vallees niches dans la vegetation, les Montagnards cultivent le riz. Je repered'ailleurs un beau cliche de rizieres au milieu de la jungle, et je demande a Peter de s'arreter. Pas completement satisfait du point de vue, je decide d'emprunter un petit sentier qui me conduit devant quelques habitations. A ma vue, les enfantsreculent et le plus jeune d'entre se met a pleurer. Jem'eloigneafin de trouver le parfait"spot" pour prendre ma photo, puis j'essaye de passer pres des habitationsen remontantvers la moto. Me voyant m'approcher de nouveau, les enfants sont terrorises, et se refugient dans la maison. Leur grand frere (d'une quinzaine d'annees) reste devant l'entree et me sourit. J'essaye de sortir quelques bonbons pour montrer mes bonnes intentions aux enfants, mais ces derniers n'osent pas s'approcher. Tant pis, je range messucreries et je les laissemediter sur la curieuse rencontre qu'ils viennent de faire...

Nous finissonsde traverser la chaine montagneuse. La moto commencait a s'essoufler un peu, et nous faisions certaines cotes en premiere... Et alors la, c'est la claque ! Nous debouchons sur une gigantesque vallee en contre-bas, remplie de rizieres verdoyantes. Splendide ! Une fois dans la vallee, je suis epoustoufle par ces paysages de reve. Il s'agit de"veritables" rizieres en terrasse. Nous avions vu pas mal de belles rizieres jusqu'a present, quietaient certes parcelees maiselles etaient toutes "plates". Les villages, entierement en bois, sont habites par les minorites Xe-Dang. Leurs cimetieres sont etranges, puisque les tombes ont la forme de petites maisons sur pilotisqui sont brulees au bout de 3 ans d'existence. Lors d'une pause photo, je rentre dans un des villages, ou je suisaccueilli chaleureusement. Comme durant toutes nos rencontres de ce type depuis le debut du voyage, l'appareil photo numerique les fascine et provoque de grands eclats de rire des qu'ils se reconnaissent le petit ecran.

Toute bonne chose ayant une fin, notre routedebouche sur la "Highway 1", la routereliant Saigon a Hanoi. Depuis notre arrivee dans les Hauts-Plateaux, j'avais un peu oublie ce qu'etait une circulation intense. Des les premiers kilometres, je comprends vite que je suis sur la principale route du Vietnam, celle suivie par les bus des "Open Tours". Neanmoins, les paysages sont pas mal du tout. Lorsque nous ne traversons pas des villes horribles ayant pousse autour de la route, nous sommes entoures de rizieres (completement "plates") a perte de vue. Nous finissons par rejoindre Quang Ngai, ou nous passerons la nuit, avant de rejoindre Hoi An le lendemain.

févr.
6

Vietnam (06/02/03 - 12/02/03)

  • Par fred le 06/02/03 - 13:20
Les Hauts-Plateaux

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janv.
29

Vietnam (30/01/03 au 05/02/03)

  • Par fred le 29/01/03 - 11:45
Premieres retrospectives sur la guerre du Vietnam et jour de l'an a Saigon. Visite du legendaire delta du Mekong.

30/01/03 De la frontiere avec le Cambodge a Saigon

Le contraste entre le Cambodge et le Vietnam est quasiment aussi impressionnant qu'entre le Cambodge et le Thailande. Voici quelques details qui m'ont frappe des les premiers kilometres en territoire Viet:

  • Differences de richesse :
    - Les routes au Vietnam sont impeccables ;
    - Il n'y a plus une seule maison en bois ou feuilles de palmier,ou sur pilotis:toutes les habitationssont "en dur".
    - Il n'y a plus de pick-ups ou d'engins motorises exotiques, frequents au Cambodge,commeles motos tirant une remorque sur laquelle s'installent les passagers.
  • Differences de culture :
    - Les vietnamiens semblent avoir un peu plus "la main verte" que leurs voisins puisque ce sont de gigantesques rizieres d'un vert eclatant qui nous accueillent des le passage de la frontiere. Les culturesont l'air aussi beaucoup plus variees.
    - La coiffe n'est plus la meme : les kramas(foulard a carreaux)accompagnes d'unchapeau en paille ou bob sont remplaces par les fameux chapeaux coniques (ou des casquettes...).
    -Les vietnamiens ont la peau generalement beaucoup plus claire.
    - Les temples sont completement differents.
    - L'alphabet vietnamien est le meme que le notre alors que l'alphabet cambodgien est constitue de signes bizarroides comme en Birmanie ou en Thailande.

J'y reviendrai certainement par la suite mais voici deja quelques debuts d'explications. Les vietnamiens ont ete fortement influencepar la Chine (alors que ce fut plutot l'Inde pour les Khmers)puisqu'ils ont fait partie integrante de l'empire chinois de 200 avant J.C.jusqu'en 938, puis de 1400 a 1428. Le foyer de leur civilisation se trouve dans le nord autour de la ville actuelle de Hanoi (delta du fleuve rouge), et ilsne se sont etendus vers le Sud que recemment : en s'emparant des terres du royaumeCham dans le centrevers le XV siecle, puis en prenant le controle des territoires Khmerdu delta du Mekong vers le XVII siecle. C'est pourquoi la religion est fondee sur le bouddhisme du grand vehicule (Mahayana), le confucianisme, le taoisme, et le culte des ancetres alors que lescambodgiens pratiquent le bouddhisme du petit vehicule (Theravada), comme leurs voisins Thailandais, Birmans ou Laotiens. C'est aussi pourquoi on mange toujours avec des baguettes au Vietnam alors que ces dernieres ne sont utilisees que pour manger des nouilles au Cambodge, en Thailande ou en Birmanie (on prefere utiliser une cuillere, et eventuellement une fourchette pour le reste des aliments). Cette courte parenthese historique permet de comprendre une grande partie des differences entre le Vietnam et la plupart des autres pays d'Asie du Sud-Est.

Une derniere specificite du Vietnam est cet alphabet phonetique fonde sur le latin : le "quoc ngu". C'est le pere jesuite francais Alexandre de Rhodes qui en fut l'inventeur au XVII siecle. Il a remplace progressivementle "chu nom" qui etait utilise depuis le XIII siecle, et qui reunissait des caracteres chinois ou les utilisait uniquement pour leur importance phonetique. On peut encore voir ces caracteres "chu nom" dans les temples.

Le bus nous depose dans le quartier des routards de Ho Chi Minh-ville (encore appele Saigon par ses habitants). Comme d'habitude, nous prenons une guesthouse au pif, puis nous partons faire un tour en ville avec comme objectif de trouver un distributeur de billets (a noter qu'il n'y en avait pas un seul au Cambodge). Nous sommes tres surpris par l'agitation, l'etendue et la modernite de la ville. En effet,Saigon est devenu lepoumon economique du pays depuis l'ouverture progressive du Vietnam aux investisseurs etrangers au debut des annees 90. Peuple de 6 a 7 millions d'ames, le tiers de la production manufacturiere et 25% du commerce de detail y sont concentres.Les marches sont tres actifs aujourd'hui puisque les vietnamiens viennent y faire leurs dernieres courses pour preparer le jour de l'an. Les etalages de fleurs sont en particulier tres nombreux. Par ailleurs, presque tous les batiments arborent avec fierte le drapeau national (etoile jaune sur fond rouge), ou des symboles communistes. Cela fait vraiment bizarre de voir a cote de ces drapeaux des magasins de luxe ou d'enormes publicitespour des purs produits capitalistes...

Une caracteristique de la ville est egalement l'intensite de la circulation a 2 roues. Il y aurait 3 millions de motos a Ho Chi Minh Ville ! Les cyclo-pousses a propulsion musculaire semblent un peu perdus au milieu des engins motorises, et je me demande s'ils vont survivre pendant encore longtemps face a la concurrence des moto-taxi. Traverser une rue est une experience interessante puisqu'il n'ya quasiment pas de passages pietons, et de toute facon les feux rouges ne sont guere respectes. On s'y fait petit a petit, le tout etant de marcher lentement en etant convaincu que les 2 roues sont suffisamment experimentes pour nous eviter. Par ailleurs, il est amusant de voir pas mal de conductrices se couvrir le visage avec un foulard, et surtout les mains et les bras avec des gants en soie remontant jusqu'aux epaules. Elles se protegentainsi de la pollution mais surtout du soleil :comme dans la plupart des pays d'Asie, la blancheur de la peau est un signe de beaute et il faut donc eviter de bronzer. Ils doivent bien rigoler quand ils nous voientsur les plages...

31/01/03 au 01/02/03 Saigon

Le matin, je prends ma premiere douche chaude depuis Bangkok. Ca fait du bien... Il n'y a rien a faire mais les douches froides, c'etait un peu mon calvaire du matin au Cambodge.

Nousvisitons le centre de la ville, ou se concentrent pas mal de gratte-ciels mais aussi la majorite des batiments historiques et des musees. Le Palais de la reunification n'est pas forcement tres seduisant de l'exterieur (archi des annees 60...), mais son espace interieur extremement agreable et surtout son importance historiqueen font un passage oblige pour tout touriste a Ho Chi Minh-ville. C'est le batiment symbole du gouvernement sud-vietnamien vers lequel convergerent les premiers tanks communistes lors de la prise de Saigon le 30 avril 1975. Tout fut laisse en l'etat, et il est fascinant de se balader dans ce palais desormais desert. Il y a meme encore l'antique systeme de projection utilise pour la salle de cinema privee ! Le sous-sol transforme en abri anti-aerien servait de quartier-general pour les forces armees sud-vietnamiennes.

On se balade un peu dans le quartier "francais", qui abrite encore de beaux exemples d'architecture coloniale. Dommage que ces batisses soient souvent cachees derriere de grands murs.Ensuite, nous allons jeter un coup d'oeil au Musee des souvenirs de la guerre. Fascinant. Les americains en prennent plein la tete (le nom precedent etait Musee des crimes de guerre chinois et americains). Quelques chiffres :
- 6,5 millions de jeunes americains se sont relayes pour prendre part au conflit ;
- le total de soldats a atteint un maximum de 543 400 personnes (70% de l'armee de terre, 60% de l'armee de l'air, 60% des Marines, et 40% de la Navy) ;
- 7 850 000 tonnes de bombes de toute sorte et 75 000 000 litres de defoliants ont ete laches par les avions americains sur le Vietnam (contre un total de 2 057 244 tonnes de bombes durant la seconde guerre mondiale).
- Environ 3 millions de vietnamiens ont ete tues, et 4 millions blesses.
- 58 000 soldats americains sont decedes dans le cadre de cette guerre.

Les photos montrant les victimes des bombardements, du napalm ou des defoliants (herbicides chimiques provoquant encore aujourd'hui des cancers ou des malformations chez les nouveaux-nes) sont parfois insoutenables. Dans la cour sont exposes des blindes et de l'artillerie americaine. J'ai beaucoupapprecie l'exposition des photos de journalistes de guerre. Elles traduisent on ne peut mieux l'horreur des combats. Tous les cliches ont ete pris par des photographes qui sont decedes lors du conflit...

Nous sommes creves et decidons de faire une courte sieste apres le repas. Nous trouvons difficilement l'energie pour nous lever lorsque le reveil sonne a 23h30. Nous ne regretterons pas notre courage. Dans les rues, tous les 2 roues convergent vers le fleuve pour assister au feu d'artifices prevu pour celebrer le debut de la nouvelle annee. Sur chaque moto, on monte a 2, a 3, a 4, a 5 voire meme a 6 pour les familles nombreuses ! Voir vidéo. Le feu d'artifices en lui-meme est assez quelconque mais les OOOOH, AAAH sont les memes que chez nous. Voir vidéo. Nous rentrons ensuite nous coucher pour de bon car il ne semble pas y avoir vraiment de celebrations publiques supplementaires. Pour mon 3ieme jour de l'an en 2003, rendez-vous vers la mi-avril a Luang Prabang pour le nouvel an bouddhique...

Le lendemain, grasse-matinee jusqu'a 9 heure (et oui, on se leve tres tot en Asie). Cette nouvelle journee sera consacree aux temples et pagodes. En effet, les 3 prochains jours sont feries et les vietnamiens en profitent pour celebrer les dieux et les ancetres. On commence par la pagode Giac Lam, l'une des plus anciennes du grand Ho Chi Minh-ville. Comme les autres pagodes vietnamiennes, elle ne paye vraiment pas de mine de l'exterieur, par contre l'interieur est superbe. Les piliers sont couverts de caracteres "nom". Comme prevu, l'activite est a son zenith. Les familles s'attablent avec un moine pour discuter un peu. Tout le monde se balade avec son bouquet d'encens, que l'on distribue dans le temple aux differentes divinites apres quelques courbettes et une priere. On en offre egalement aux ancetres,devant leurs photos ouleurs urnes funeraires. Pour les personnes decedees pendant leur enfance, on offre des jouets. Pour d'autres qui appreciaient apparemment la nicotine, on remplace le batonnet d'encens par une cigarette...

Nous enchainons avec la pagode Giac Vien, situee dans un cadre plus rural et a l'activite moins importante. A noter que les moines ne portent pas des robes pourpres comme en Birmanie, ou orange comme en Thailande ou au Cambodge. Ici, on s'habille en jaune ou en marron principalement. Puis nous nous rendons dans le quartier chinois de Cholon. Les temples chinois sont assez differents des 2 temples vietnamiens visites le matin car les divinites semblent un peu plus kitsch, et leur agencement est different (il n'y a par exemple pas d'espaces de discussion avec les moines). Par contre, le rituel des batons d'encens reste le meme, et on ressort a chaque fois avec les yeux qui piquent, voire meme en pleurs. Nous discutons en francais autour d'un the avec une personne gardant un temple taoiste etonnement desert puisque plus ou moins prive.

Nous terminons cette journee thematique par la pagode chinoise de l'empereur de jade. Un vrai bouquet final compte tenu de la foule presente. A l'entree, certains adeptes rendent leur liberte a des oisillons maintenus en captivite dans de belles cages en bois. A noter que nous avons nos premiers gouttes de pluie du sejour lors de cette visite. Je dis bien quelques gouttes de pluie car cela ne dure pas plus de 10 secondes... Je vous tiens au courant des que nous avons notre premiere "vraie" pluie.

02/02/03 Environs de Saigon

Premiere grosse excursion organisee aujourd'hui. Cela fait vraiment bizarre de se retouver avec plein de touristes dans un bus avec un guide.

Nous visitons le matin le plus gros temple Cao Dai, une religion creee en 1926 et qui compte desormais pres de 3 millions de membres au Vietnam. Il s'agit d'une religion qui melange un peu toutes les autres, mais qui s'inspire en grande partie du bouddhisme mahayana. Les caodistes croient en un seul dieu, a l'existence de l'ame et a la communication avec le mondedes esprits. Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'interieur du temple est sacrement kitsch ! C'est un festival de couleurs et les dragons ressemblent a ceux des fetes foraines. Nous assistons a la messe de 12h.

L'apres-midi, nous decouvrons les fameux tunnels de Cu Chi qui ont permis au Vietcong de controler les campagnes environnantes de Saigon. C'est aussi a partir de ces tunnels que fut lancee l'offensive du Tet en 1968. Les tunnels faisaient 50 cm de largeur et 70 a 80 cm de hauteur. Il ne fallait pas etre claustrophobe ou trop gros... La chaleur a l'interieur est etouffante et nous ressortons en nage.

03 au 05/02/03 Delta du Mekong

Le plus simple et de loin le moins cher pour visiter le delta du Mekong est de passer par une des nombreuses agences de voyage pour routard. La journee de la veille nous a un peu refroidi toutefois, et nous ne voulons pas nous retrouver de nouveau avec un groupe de 40 personnes. Par consequent, nous decidons de passer par une petite agence, qui nous propose de partir 3 jours pour 25 dollars avec un groupe de 7 autres personnes. Nous faisons connaissance le matin avec nos nouveaux compagnons de voyage : 1 francais et 2 francaises d'origine indienne, 2 australiennes, et 1 couple de canadiens de Toronto.

Un minibus nous emmene jusqu'a Mytho, puis nousexperimentonsnotre premiere "croisiere" sur le Mekong : un sampan nous balade sur les differentes iles des environs. Sur la premiere, nous degustons des fruits exotiques. Sur la seconde, nous visitons une fabrique de bonbons a la noix de coco. Sur la troisieme, nous mangeons puis nous allons prendre un the au miel. Ca sent quand meme carrement l'attrape-touriste tout ca. D'ailleurs, nous croisons plein de groupes comme nous et il y a des souvenirs a vendre a chaque stop. Pour couronner le tout, les paysages ne sont pas top car le fleuve est tres large dans ce coin, et il n'y a quasiment pas de circulation fluviale si ce n'est les embarcations pour touristes. Enfin, notre guide n'est pas tres motivee?BR>
Lorsque nous revenons sur Mytho pour reprendre notre minibus, il n'y a plus de minibus : c'est un superbe Toyota Landcruiser derniere generation qui nous attend a la place. Le hic, c'est que nous sommes 9 + le conducteur + le guide?On s'insere comme on peut dans la boite a sardine : 4 personnes sur chacune des 2 rangees a l'arriere, 1 personne a l'avant avec le conducteur. Et le guide ? Il commence le trajet entre le conducteur et le passager avant, avant de se caser dans le coffre au milieu des bagages, pour finalement jeter l'eponge en nous rejoignant a bon port par ses propres moyens. Heureusement, l'ambiance dans le groupe est excellente. C'est meme la grosse crise de fou rire quand nous decouvrons la tele qui descend du plafond avec DVD et mega-son. Pour la plupart, nous n'avons jamais ete dans une voiture aussi luxueuse et c'est une situation plutot cocasse que de vivre cette experience dans un pays comme le Vietnam... Nous l'apprendrons plus tard, il s'agit en fait de la voiture du proprietaire de l'agence de voyage par laquelle nous sommes passes. Sans doute a court de vehicule pendant les festivites du Tet, ils n'ont pas eu d'autres recours que d'utiliser la voiture du boss?Lorsque nous rejoignons Cantho, nous sommes bien sur completement courbatures et bien decus de cette premiere journee. Pour nous mettre un peu de baume au coeur, l'hotel est tres correct.

Levee matinal pour voir le marche flottant de Cai Rang. Contrairement a ce que l'on nous avait dit, l'activite du marche est toujours fortement perturbee meme si les 3 jours feries du Tet sont passes. Nous voyons bien quelques bateaux echanger de la marchandise mais rien d'excitant. La fabrique de nouilles que nous visitons est quant-a-elle toujours a l'arret. Malgre toutes ces mesaventures, notre petit groupe reste soude et de tres bonne humeur. Ce sera la fin des mauvaises surprises. En effet, la balade de 2 heures et demi que nous faisons ensuite dans les canaux de Cantho est splendide. Voir vidéo. Tout autant que la route nous conduisant a Chau Doc, a quelques kilometres de la frontiere avec le Cambodge. Comme dans l'ensemble de la region du delta du Mekong, 3 recoltes de riz sont effectuees par an, dont une pendant la saison seche. Les paysages dont nous profitons sont donc verdoyants.Lors de notre dejeuner en ville etnotre petit tour dans le marche, nous assistons a differentes danses de la licorne. Des hommes arborant des drapeaux multicolores sont suivis par la licorne (constituee de plusieurs hommes), puis d'une autre creature mythique, le Dia (un homme portant un masque). Des cymbales et des tambours ferment la procession. Ils s'arretent devant les maisons ou les commerces en esperant recolter une obole. La licorne est un symbole de richesse et de prosperite, et les vietnamiens sont souvent genereux. Il parait que cesdefiles sont egalement organisees n'importe quand dans l'annee a l'ouverture d'un magasin par exemple. Durant la fete du Tet, il y en a partout !

Une fois sur les bords du canal, nous prenons un bateau pour nous rendre sur les maisons flottantes, qui sont l'une des caracteristiques de la region. Voir vidéo. Des cages, presentes sous ces maisons, permettent d'elever du poisson-chat. Lorsque le pisciculteur distribue de la nourriture dans ces cages, les poissons rentrent en effervescence complete. On dirait des Pirhanas a qui on aurait offert du foie gras. Impressionnant. Puis nous nous rendons dans un village peuple par la minorite musulmane Cham, dont nous visitons un atelier de tissage et la mosquee. Je donne un stylo et quelques feuilles de papier a un des enfants presents. Le voir griffonner maladroitement des gribouillis fait bien rigoler ses amis.

Le soir, nous mangeons dans le centre-ville. Nous sympathisons avec des enfants desherites trainant dans la rue. Sylvain commence par leur faire des grenouilles en papier. Leur joie fait plaisir a voir. Ils veulent qu'on les prenne dans nos bras, que l'on joue avec eux, que l'on prenne soin d'eux. Ces enfants paraissent cruellement manquer de tendresse et d'attention. Lorsque nous les quittons, ils ont du mal a nous laisser partir. Il s'accrochent a nos mollets, sur notre dos?C'est bien dommage car cette situation devient presque grotesque sur la fin.

Le lendemain, nous grimpons jusqu'au sommet du mont Sam, a quelques kilometres de notre hotel. Cette montagne sacree domine l'ensemble de la plaine environnante, et le panorama est epoustouflant. On peut voir la fontiere avec le Cambodge d'un cote. De l'autre, des rizieres s'etendent a perte de vue. Une belle balade de 3h30 en bateau nous permet de repartir par la suite en direction de Saigon. Une tournee a l'alcool de banane nous donne l'occasion d'apprendre a nos compagnons de route etrangers notre chant national (ami Dupont, leve ton verre, etc?. Enfin, un bus nous raccompagne jusqu'a Ho Chi Minh-Ville.

Malgre des debuts difficiles (il parait que ce type de desorganisation est monnaie courante au Vietnam), nous avonsvecu 3 jours forts agreables. Chau Doc fut de loin mon endroit prefere. Le groupe etait super. Et puis toutes ces rizieres, ces chapeaux pointus, ces sampans?Pour la premiere fois du voyage, les paysages ont parfaitement concorde avec le sterotype asiatique tel que nous le concevons en occident. Il faut dire que les croisieres en bateau font souvent partie de mes souvenirs preferes de voyage. Il n'y a rien de plus relaxant. On se met sur le pont, avec un peu de musique ou un bon bouquin, et une petite boisson. On regarde les paysages defiler devant nos yeux, ainsi que les locaux vacquer a leurs occupations quotidiennes (peche, lessive...). Un vrai bonheur.

janv.
29

Vietnam (30/01/03 - 05/02/03)

  • Par fred le 29/01/03 - 11:45
Le Sud

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