indonesie (27)

juil.
22

Sur la place du village de Wogo

  • Par fred le 22/07/03 - 00:00

août
1

Les iles du parc national de Komodo

  • Par fred le 01/08/03 - 00:00

août
1

Visite en vitesse des beaux villages de Sumbawa

  • Par fred le 01/08/03 - 00:00

août
1

Arret dans un marche paume a Lombok

  • Par fred le 01/08/03 - 00:00

juil.
10

Balade en "becak"

  • Par fred le 10/07/03 - 00:00

juil.
9

Le cratere du Tenger

  • Par fred le 09/07/03 - 00:00

juil.
3

Rizieres indonesiennes

  • Par fred le 03/07/03 - 00:00

juin
24

Plantations de the a l'infini

  • Par fred le 24/06/03 - 00:00

juin
24

Ombres des nuages

  • Par fred le 24/06/03 - 00:00

juin
19

Le lac Maninjau en fin de journee

  • Par fred le 19/06/03 - 00:00

juin
19

Au retour de l'ecole

  • Par fred le 19/06/03 - 00:00

août
3

Indonesie (28/07/03 - 01/08/03)

  • Par fred le 03/08/03 - 05:00
Un apercu rapide de Bali a partir d'Ubud.

28/07/03 de Flores a Bali

Avec 2 heures de retard, nous nous envolons end debut d'apres-midi vers Denpasar. J'ai l'impression de rembobiner en accelere les 17 jours dans le Nusa Tengarra puisque l'avion survole Flores, Komodo, Sumbawa puis Lombok. La vision du Gunung Rinjani a Lombok et du Gunung Agung a Bali emergeant au milieu d'une mer de nuages restera a jamais grave dans ma memoire.

Fideles a nos habitudes, nous decidons de nous rendre en transport public jusqu'a Ubud depuis l'aeroport. Grave erreur. Nous devons changer de mini-bus a 3 reprises ! Nous arrivons trop tard pour attraper le bus vers Ubuda la 3eme station de bus, et il nous faut donc "charteriser" un mini-bus (il n'y a pas de taxis). Finalement, le trajet nous coute 25 000 Rp (3 dollars), soit autant que la navette pour touristes... En plus, nous nous sommes embrouilles avec le premier chauffeur car les tarifs sont apparemment plus eleves a Bali (3 000 Rp minimum) que dans le reste de l'Indonesie et nous ne le savions pas. Cela change du minibus a Solo sur lequel etait affiche les tarifs en vigueur:
- Courte distance: 1000 Rp
- Moyenne distance: 1500 Rp
- Grande distance: 2000 Rp

Allez savoir comment le chauffeur definissait "courte", "moyenne", et "grande"...

29 au 31/07/03 Ubud

Ubud est devenu un centre de vacances et un centre commercial pour occidentaux, comme Kuta, mais en version Zen. Les guesthouses et les maisons a louer sont entourees de rizieres. Des petites rivieres au fond de canyon bordes de vegetation tropicale circulent au milieu de la ville. Les balinais continuent de preserver leurs traditions religieusescomme dans le reste de l'ile. Les restaurants sont paisibles. Les boutiques de fringue sont aussi nombreuses que celles de souvenirs. En bref, un endroit agreable pour se reposer, d'autant plus que l'hebergement offre sans doute le meilleur rapport qualite/prix d'Indonesie, voire d'Asie du Sud-Est,avec le lac Toba. Je rajoute donc Ubud a la liste des"centres de repos"asiatiques pour voyageurs avec Hoi-An au Vietnam, Yangshuo, Lijiang et Dali en Chine du Sud-Ouest, Vang Vieng et Si Phan Don au Laos, et les iles du Sud de la Thailande. Toutefois, la clientele est iciplus diversifiee car les hotels pour touristes fortunes sont nombreux.

Les Japonais sont pluspresents que n'importe ou ailleurs en Asie du Sud-Est car Ubud est probablement le meilleur endroit pour assouvir leur dependance au shopping. De nombreux panneaux sont ecrits dans leur langue. Des agences leurs sont dediees et il y a meme une navette rien que pour eux faisant le tour des rues commercantes !

On est encore loin du spectacle navrant de Senggigi, mais l'absence de touristes commencent a faire ses effets ici aussi (quatre fois moins de touristes environ par rapport a l'annee derniere). Les rues sont d'un calme surprenant. Les chauffeurs de taxi plus agacants que jamais pour vendre leurs services. Les magasins ferment tot, et quelques locaux vides font leur apparition.

Le 31, nous louons une moto pour faire une excursion jusqu'a Tirta Ganggaa l'Est. Circuler a moto a Bali est eprouvant en raison de la circulation intense. Cette ile est de loin la plus developpee et la plus riche d'Indonesie, et les habitants ont pour la plupart leur propre moyen de locomotion. Je suis un peu decu car je m'attendais a voir des paysages aussi beaux que ceux apercus a l'Ouest de Bali en arrivant de Java il y a 3 semaines. Mais nous tombons sur quelques panoramas sympathiques, en particulier celui surles rizieres derriere Tirta Gangga. A l'aller, nous prenons une route au pied du Gunung Agung, majestueux aujourd'hui car debarrasse de ses encombrants nuages, et au retour nous passons par la cote. Nous faisons un arret a Candisasa, unestation balneaire en vogue dans les annees 80. Malheureusement, la frenesie immobiliere a provoque la destruction des recifs coraliens, et donc de la barriere naturelle protegeant la belle plage. Tout le sable blanc adisparu, et le front de mer est bien tristounet a present... Une lecon a retenir pour les promoteurs immobiliers. Nous allons aussi faire un tour a Tenganan, unvillage ou vivent les descendants des premiers habitants de Bali. Un chouette village bien different de tous ceux vus jusqu'a present, et ou l'elevage de poulets parait intensif car on en voit partout dans la rue a l'abri de cages en osier.

Comme tout le monde, nous faisons bien sur un peu de shopping a Ubud. Je fais une folie car j'achete des marionnettes a 200 dollars...

01/08/03 de Ubud a Kuta

Dernier jour en Asie du Sud-Est ! Sophia est la premiere a s'envoler. Elle n'a pas reussi a obtenir un visa pour l'Australie et doit doncrentrer a Taiwan apres 6 mois de voyage. Tout ca a cause de la situation batarde de la "province rebelle". L'intitule de son passeport est "Republic of China",alors qu'il est "Republic of Taiwan"sur les plus recents. Apparemment, les Taiwanais peuvent facilement obtenir des visas pour l'Australie comme nous, mais seulement aupres des agences de voyage de Taiwan...

L'apres-midi, je retourne a Kuta et je passe des heures sur internet pour mettre a jour le site web. Je vais ensuite patienter a l'aeroport. Mon avion pour Darwin en Australie decolle a 2 heures du matin.

CONCLUSION INDONESIE

Ce pays devrait s'appeler EUI, ou "Etats-Unis d'Indonesie". En effet, chaque ile est un pays a part, avecses propres coutumes, maisons traditionnelles, populations, faune et flore.

Mon coup de coeur fut Sumatra meme si je n'y suis reste que 2 semaines. Le lac Maninjau restera l'un de mes endroits favoris d'Asie.A Java,j'ai adore les pecheurs dePangandaran, les becaks de Solo et lesvolcans de l'Est (Gunung Bromo, Kawah Ijen), les plus beauxque j'ai pu voir.Lombok est la seule ile a m'avoir decu, meme si les Gilis sontil est vrai fortagreables."J'ai vu etsurvecu" aux dragons de Komodo,meme si c'est avant toutles paysages desertiques des iles du parc national que j'ai apprecie. Enfin, Flores est une ile sympathique mais a la reputation a mon avis un peu surfaite. La journee dans les alentours de Ruteng fut neanmoins memorable etle Kelimutu est un "must-see". Quant a Bali, je reviendraiun jour. Comme la Thailande, je ne m'y suis pas eternise car il s'agit d'une destination certainement passionnante mais ultra-touristique. Y voyager estsimple, confortable et reposant,et je profiterai donc de "court" conges payes dans le futur pour en faire l'exploration.

Concernant les indonesiens, ils sont comme partouten Asie du Sud-Est adorables dans les campagnesmais parfois insupportables dans les endroits a forte concentration detouristes.Je n'ai en particulier pas accroche du tout avec les jeunes males indonesiens des villes. Autre pointnegatif : les plages, nettement moins attrayantes que celles des iles de Thailande ou de Malaisie en raison de l'activite volcanique.

Pour etre franc, jesuis content de quitterl'Asie du Sud-Est pour revenir dans le monde occidental en Australie. Je suis fatigue des voyages en bus interminables et inconfortables. Mon posterieur ne supporte plus les trajets en moto. J'aurais fini par donner des baffes aux chacals m'agressant dans la rue pour proposer des tours ou un trajet en taxi. Mais, j'ai un pincement au coeur. D'une part, mon compte en banque va souffrir a present (j'ai depense moins de 1000 euros ces 2 derniers mois, plongees et billets d'avions domestiques inclus). D'autre part, je nevaisplus voir mes paysages favoris de rizieres en terrasse. Fini encore les rencontres au hasard dans les campagnes ou les villages perdus. Je ne vais plus voir de temples millenaires. J'arrive dans un pays "neuf", ou les traditions et les coutumes datent d'il y a seulement une centaine d'annee. Apres ce bol d'air occidental, je pense que je serai ravide retourner en Asie dans 1 ou 2 mois...

août
1

Indonesie (28/07/03 - 01/08/03)

  • Par fred le 01/08/03 - 14:25
Bali

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août
1

Indonesie (18/07/03 - 27/07/03)

  • Par fred le 01/08/03 - 12:01
Nusa Tengarra : les iles de Komodo et Flores

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août
1

Indonesie (18/07/03 - 27/07/03)

  • Par fred le 01/08/03 - 09:37
Deuxieme partie du Nusa Tengarra : Komodo et Flores. Apres un trip un bateau de 2 jours dans le parc national de Komodo, traversons Flores d'Ouest en Est.

18 au 19/07/03 Parc national de Komodo


Le couple de belges et l'americain qui etaient les seuls voyageurs avec nous sur le ferry sont partants pour partager un bateau afin d'aller faire un tour dans le parc national de Komodo. Eddy, l'americain, a 54 ans et voyage depuis 3 ans et demi. Il compte voyager jusqu'a la fin de ses jours, grace a l'argent recolte lors de la vente de tous ses biens avant son depart. Il se pose de temps et temps et ecrit un livre qu'ilsouhaite publier prochainement. Un personnage atypique et interessant par consequent.

Nous embarquons a 9h30 sur notre palace flottant et partons en direction de l'ile de Rinca, la deuxieme par la taille de l'archipel du parc national de Komodo. C'est toujours un regal de naviguer entre ces iles pelees. Nous apercevons parfois quelques maisons de pecheurs vivant sur des plages isolees, ou leurs ancetres ont du s'echouer par le passe. Voir vidéo.

A peine debarques sur Rinca, nous apercevons notre premier 'dragon', un titre un peu flatteur car il s'apparente plus a un enorme lezard... Puis un guide nous promene sur l'ile pendant 2 heures. La nature y est aride et j'ai parfois l'impression d'etre en pleine savanne Kenyanne (avec quelques palmiers en plus). Nous observons de nombreux singes, des buffles sauvages, et bien sur plusieurs varans. Ces bestioles peuvent vivre jusqu'a 50 ans et atteignent 3 metres a l'age adulte. Avant de devenir geants, ces lezards vivent dans les arbres jusqu'age de 5 ans. Ensuite, leurs griffes et leurs dents sont suffisamment acerees pour leur permettre de se defendre sur la terre ferme. Ils s'attaquent a des proies de toute taille, meme les buffles. Nous en voyons d'ailleurs un qui s'est fait mordre l'arriere-train.Il n'en a plus que pour quelques jours car les bacteries feroces vivant dans la gueule du monstre et deposees lors de la morsure sont a l'oeuvre. Nous pouvons nous approcher a quelques metres des demons, en faisant confiance au guide qui a un grand baton pour seule arme. Il y a parfois quelques accidents mais ils concernent essentiellement les villageois vivant sur l'ile. Dernierement, un enfant de 12 ans a succombe a ses blessures, apres avoir ete attaque par un dragon positionne a cote d'un terrain de foot.

De retour au bateau, nous naviguons vers l'ile de Komodo qui a donne son nom aux dragons et au parc national. Nous l'atteignons vers 18h au coucher du soleil. Nous jetons l'ancre devant une foret de mangroves hebergeant une impressionnante colonie de chauve-souris. Alors que les derniers rayons de soleil disparaissent, elles se reveillent progressivement et s'envolent vers les etoiles, pour ne revenir que le lendemain matin vers 6h du matin. Le couchage est spartiate puisqu'il s'agit de quelques matelas deployes sur le pont du bateau. Nous nous endormons au son des clapotis des vagues venant se briser en douceur sur notre embarcation.

Au reveil, cap vers la plage accueillant les touristes souhaitant voir les animaux mythiques. Nous effectuons de nouveau une balade de 2 heures, au cours de laquelle nous apercevons quelques varans se prelassant au soleil. La nature est moins jolie qu'a Rinca mais nous voyons des sangliers et des cerfs au retour vers le quartier general des gardiens du parc national.

Avant de rentrer sur Labuanbajo, nous faisons une pause snorkelling (plongee avec masque et tuba) devant une belle plage de sable blanc. Les fonds sont superbes, les coraux multicolores sont intacts mais les courants sont importants et je ne m'hasarde donc pas trop loin du bateau.

Le temps d'avaler un morceau a Labuanbajo et nous sautons dans le bus partant sur Ruteng vers 16h30. Unlong trajet sur une route sinueuse et delabree, qui nous fait arriver vers 22h. Je m'effondre dans mon lit apres cette longue journee...


20/07/03 Ruteng


La ville de Ruteng n'a rien de special et n'attire d'ailleurs pas trop de touristes. Nous utilisons notre moyen de locomotion favori, la moto, pour en explorer les alentours. Pas d'agences ou d'hotels pour touristes offrant un service de location ici, il faut arreter un moto-taxi et lui demander s'il est possible de lui emprunter son engin pour la journee. Nous en trouvons un qui accepte, ravi de pouvoir gagner 40 000 Rp (5 dollars) sans rien faire de la journee.

Nous allons jeter un coup d'oeil dans un premier temps aux terrasses «en toile d'araignee», aux formes concentriques magnifiques et uniques au monde. Elles me font penser aux «signes» etranges decouverts dans les champs de ble ou les deserts. Des extra-terrestres seraient-ils aussi passes par ici?

Puis nous reprenons la route pour atteindre le village traditionnel de Todo, a une quarantaine de kilometres de Ruteng. L'Est de Flores est peuplee par la minorite Manggarai, aux traditions encore bien preservees. Dans les quelques villages ou nous faisons un arret, nous observons le compang, un anneau de pierres plates sur lequel sont effectuees les offrandes aux esprits et aux divinites autres que Jesus-Christ (les Manggarai sont chretiens). Dans les maisons sont suspendus d'etranges objets rendre hommage aux ancetres et constitues de feuilles de bambou auxquelles sont accroches des morceaux de peau de bete. Dans un des villages, des jeunes effectuant des etudes pour devenir guide sont ravis de nous faire visiter leurs maisons.

La petite route de 16 km pour rejoindre Todo est magnifique. Elle zigzague sans cesse, et offre de splendides panoramas sur des rizieres en terrasse multicolores. A chaque arret, les enfants s'attroupent autour de nous et sont comme d'habitude surexcites lorsqu'ils se decouvrent sur les ecrans de nos appareils photo numeriques. Le village de Todo est quant-a-lui un peu decevant. Il ne reste qu'une seule maison commune traditionnelle, certes imposante, dans laquelle plusieurs familles vivent encore. Tel un gigantesque dortoir, de simples toiles separent chaque espace prive. D'apres le Guestbook, une trentaine de personnes seulement sont passes ici depuis le debut de l'annee.

Une tres belle journee par consequent, qui ne fut pas gachee par le pneu creve de notre moto... puisque l'incident n'intervint qu'a notre retour, a1 km de notre guesthouse. En soiree, nous retrouvons le couple de belges sympathiques avec qui nous avions effectue l'excursion dans le parc national de Komodo.


21 au 22/07/03 Bajawa


Heureusement, une bonne partie de la route a ete refaite entre Ruteng et Bajawa. Le trajet ne prend donc que 5 heures. Les paysages sont surtout sympathiques au debut (encore de belles terrasses), me laissant penser qu'une journee d'exploration supplementaire autour de Ruteng n'aurait pas ete de trop. Mais le temps est maussade aujourd'hui et c'est donc sans regrets que nous arrivons a Bajawa. Apres-midi relax durant lequel nous ne faisons pas grand-chose si ce n'est un tour en ville. A noter que je reprends du service puisque je refais marcher la connexion internet du centre telecom local. Mais a 9600 bit/s, j'ai du mal a consulter Hotmail...

Ce qui est etonnant en Indonesie, c'est a la fois la diversite des iles mais aussi les nombreux points qu'ellesont parfois en commun. On retrouve a Flores les toits en tole de Sumatra, alors que des tuiles sont utilisees en general a Java, a Bali ou a Lombok. Si vous voulez des becaks, il vous faudra aller a Java ou a Sumbawa. Les carioles ne se trouvent qu'a Lombok et Sumbawa. Les chapeaux coniques a Java et Lombok. Les cerf-volants a Bali et Java (pas a Jakarta puisqu'ils y ont ete interdits en raison des nombreux accidents de la circulation qu'ils provoquent). Lee gout immodere pour les decibels dans les bus a Sumatra et Flores...

A l'instar de Ruteng, la ville de Bajawa ne presente aucun interet, mais ses alentours recelent quelques tresors. Pas moyen de louer une moto ici, et nous partageons donc un mini-bus avec un autre francais. En arrivant a Bajawa, nous avons quitter le territoire Manggarai pour arriver dans le pays Ngada. Ici aussi, la plupart des maisons traditionnelles ont ete remplacees par des maisons classiques en bois et bambou, ou en dur, mais on peut apercevoir un peu partout les restes de traditions ancestrales: les paires de Ngadhu (une sorte de parasol) et de Bhaga (maison miniature) constitues de bois et de paille. Representant respectivement l'homme et la femme,cesobjetsrepresentent la presence eternelle des ancetres. En debut d'annee, les femmes se regroupent dans les Bhaga pour manger tandis que les hommes picolent a l'ombre des Ngadhus...

Bena est le plus bel exemple de village traditionnel Ngada. La route menant a ce village vaut deja le deplacement. Elle fait le tour du Gunung Inerie (2230 m), l'un des plus beaux volcans vus jusqu'a present. D'une forme conique parfaite, des nuages flirtent d'abord avec son sommet puis finissent par l'embrasser completement. Les deux rangees de maisons traditionnelles de Bena encadrent une place en terrasses, sur laquelle tronent les Ngadhus et Bhagas, ainsi que les tombes des ancetres et d'etonnantes structures megalithiques. Nous assistons au spectacle passionnant de la construction d'une nouvelle maison.

Nous montons ensuite au sommet du Wolobobo, un petit volcan offrant une vue merveilleuse sur la region de Bajawa. On se rend alors compte de l'activite volcanique intense de Flores car la plupart des monts et collines que l'on apercevait depuis la ville se revelent etre des volcans pour la plupart endormis. Apparence parfois trompeuse puisqu'il y a 3 ans l'un d'entre eux a explose (sans degats heureusement).

Nous partons voir un autre village traditionnel, celui de Wogo. Il est moins pittoresque que Bena car il est situe dans une plaine, et les maisons entourent une gigantesque place carree vide.
Voir vidéo. Mais l'impact du tourisme est moindre ici. Personne n'essaye de nous vendre des sarungs et les habitants sont encore plus accueillants. Nous sommes d'ailleurs invite a l'interieur d'une des maisons par une filleparlant plutot bien anglais. Elle a en effet travaille pendant 3 ans a Singapour en tant que baby-sitter, comme beaucoup d'indonesiens s'expatriant dans les poles economiques du Sud-Est asiatique pour y chercher fortune.


23/07/03 De Bajawa a Moni (en passant par Ende)


C'est un peu le cirque pour prendre le bus vers Ende. Trois vehicules partent verscette destination et attendentdes clients. Impossible de savoir lequel partira en premier. Finalement, nous sommes chanceux carc'estcelui que nous avons choisiqui decolle en premier. La route est plutot joliemais le plafond nuageux assombrit malheureusement la verdure.

Arrive a Ende, nous allons directement au bureau de Merpati, la compagnie aerienne desservant Flores. Sur cette ile, Merpati n'a pas d'ordinateurs et il n'est donc possible de reserver et confirmer un vol que depuis la ville d'ou l'avion part.La liste des passagers y est tenu a jour sur une simple feuille de papier... Nous apprenons avec deception que le prochain avion avec des places de Ende vers Bali est seulement le 30 Juillet. Nous sommes donc contraints de prolonger notre sejour a Flores, et nous nous envolerons depuis Maumere ou nous avons reserve un vol pour le 28.

Nous empruntons ensuite l'une des plus belles routes de Flores, de Ende a Moni. Elle serpente dans un canyon puis surplombe de superbes rizieres en terrasse, que nous n'avions quasiment plus vues depuis le pays Manggarai autour de Ruteng.


24/07/03 Moni et le Kelimutu


Reveila 6 h du matin. Nous ne verrons pas le levee du soleil depuis le Kelimutu, mais nous pouvons dormir 2 heures de plus que les touristes ayant pris la navette de 4h. Nous partageons un minibus avec un couple de sloveniens (!) pour y aller, ce qui nous permet par ailleurs de rester au sommet le temps que nous souhaitons.

Le Kelimutu est l'attraction touristique principale de Flores, un volcan peu imposant (1600 m), mais son cratere abrite 3 lacs aux couleurs differentes, variant au fil des annees. Actuellement, ils sont turquoise, marron, et noir. Superbe mais un cran en dessous du Gunung Bromo et du Kawah Ijen. Peut-etre est-ce parce que les nombreux nuages cachent le soleilce matin ?

Au retour a Moni, nous changeons de Guesthouse car les play-boysqui la tiennent sont plutot antipathiques. Nous atterrissons chez Maria, uneHomestay geree par une "Mama" a fort caractere et egalement excellente cuisiniere puisque le buffet qu'elle nous concocte en soiree est succulent.

L'apres-midi, nous louons une moto (une brouette) pour visiter les villages environnants. Ces derniers sontspecialises dans le tissage d'ikats, les pieces de tissu portes par les hommes et les femmes autour de la taille a Flores.Ces sarungs sont suffisament long pour englober tout le corps lorsqu'il fait un peufroid. Dans la plupart des maisons, nous voyons des femmes a l'oeuvre, devant leur atelier. L'accueil est plutot sympathique jusqu'a notre arrive au village de Ngella, le plus repute. Nous nous y faisons alors assaillir par les vendeuses...

25 au 27/07/03 Waiterang


Pour attendre l'avion, nous avons repere une plage a une trentaine de kilometres de Maumere,ou nous allons nous poser. Le long trajet en bus de 4 heures sera le dernier de mon voyage en Asie du Sud-Est. Heureusement car je commence serieusement a saturer (et a avoir mal aux fesses), en particulier quand je suis assis sous une enceinte crachant de la musique a tue-tete.

Grosse deception a notre arrivee a la plage de Waiterang. Cette derniere est loin d'etre paradisiaque.Le sable est noir, voire boueux. Il n'y a que 2 malheureux cocotiers perdus au milieu d'arbres sans charme. Mais, comme aux Gilis, notre deception initiale va vite etre oubliee. Tout d'abord, notre Guesthouse (Ankermi) est chouette, avec un personnel attentionne et un restaurant delicieux. Puis les 2 jours suivants seront excellents.

Le matin du 26, nous allons confirmer notre reservation au bureau de Merpati a Maumere, histoire d'etre certain de decoller le 28. Puis nous allons faire un tour sur internet. J'apprends qu'un couple d'amis vient d'avoir une 2eme fille (encore felicitations a Cecile et Christophe !). Je me rends compte combien les vies divergent, alors qu'ellesetaient plus ou moins similiaires jusqu'a la fin de la periode estudiantine. Certains se marient, d'autres font des enfants, d'autres encore investissent dans des maisons, tandis quedes couillonsdepensent toutes leurs economies en voyageant...

Le marche de Maumere etant aussi ininteressant que la ville elle-meme,nous prenons un mini-bus vers le village lointain de Nangahale, dont l'histoire est singuliere. En decembre 1992, un tremblement de terre d'une amplitude de 6,8 sur l'echelle de Richter a devaste la region de Maumere, et tue pres de 3000 personnes. 1000 d'entre elles vivaient sur l'ile de Pulau Biba, ravagee par un tsunami (vague geante). Les survivants, qui etaienten mer ou sur Flores au moment du desastre, se sont installes a Nangahale et y perpetuent leurs activites traditionnelles comme la construction de bateaux, la production de sel, et la peche. Les maisons, sans doute financees par une aide gouvernementale ou internationale, sont alignees le long de rues elegamment batipsee "block A", "block B"... Les habitants nous accueillent chaleureusement et bredouillent les quelques questions en anglais qu'ils connaissent.


Nous rejoignons la route principale et approchons une cabane autour de laquelle s'affairent de nombreuses personnes. Une distribution de riz gracieusement offert par le gouvernement est en cours. Les femmes repartent une a une avec un gros sac sur la tete. Une personne parlant anglais vient a notre rencontre alors que nous sommes entoures d'enfants plus misereux mais heureux que jamais. Enseignant dans l'un des colleges voisins, il nous explique que Nangahale est en fait constitue de 2 villages, le premier abrite lessurvivants de l'ile de Pulau Babi tandis que l'autre est habite par les rescapes d'un village de Flores, egalement fortement touche par le tremblement de terre de 1992. Une telle fusion provoque des tensions car sont melanges des personnes ne parlant pas la meme langue et ne pratiquant pas la meme religion (islam pour les premiers contre christianisme pour les seconds). Nouslui demandons pourquoi ne pas avoir recree 2 villages differents. Sa reponse est peu convaincante puisqu'il pretexte que c'est sansdoute mieux ainsi. A mon avis, c'est le gouvernement qui les a plus ou moins inciter a se regrouper ici...

Le dernier jour se passe au paradis. Je plonge autour des petites iles en face de Waiterang. Les coraux sont merveilleux.Je vois pour la premiere fois des poissons-lion et scorpion (5), stries de blanc et rouge et deployant leurs milles nageoires tel un vaisseau spatial sortant de la guerre des etoiles. Autre vision magique, celle d'une enorme seiche en apesanteur changeant de couleur tel un cameleon des mers. La deuxieme plongee s'effectue le long d'un mur abritant egalement une riche flore et faune. J'y voisencore plusieurs poissons-lion, ainsi qu'une raie-manta plongeant furtivement dans les tenebres des profondeurs... Nous dejeunons sur la plage de Pulau Biba, l'ile tristement celebre evoquee precedemment (devastee par un tsunami en 1992). C'est la plus belle plage que j'ai vue de mon voyage. Nous sommes bien sur seuls car aucun developpement touristique n'a ete envisage par ici. Nous allons dire bonjour aux rares habitants ayant decide de revenir vivre sur cette ile au passe funeste. J'en profite pour ramasser de superbes coquillages comme on peut en voir dans les boutiques de souvenir. Un dernier jour de reve, loin de l'industrietouristique,avant de revenir sur Bali.

juil.
29

Indonesie (11/07/03 - 17/07/03)

  • Par fred le 29/07/03 - 14:21
Nusa Tengarra : les iles de Lombok et Sumbawa

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juil.
29

Indonesie (11/07/03 - 17/07/03)

  • Par fred le 29/07/03 - 13:29
Premiere partie du Nusa Tengarra (les iles de la Sonde). Les plages de Lombok nous accueillent a Gili Trawangan puis a Senggigi. Une fois reposes, nous entreprenons un epuisant voyage a travers Sumbawa pour rejoindre Flores.

11 au 13/07/03 Les iles Gili

Pour soulager le pauvre Stephan, un peu fatigue de passer ses vacances dans des bus, nous prenons un avion de Denpasar jusqu'a Mataram, la capitale de Lombok. Nous partons directement vers les iles Gili ou nous comptons nous reposer quelques jours. Parmi les 3 Gilis (Gili veut dire "ile"), nous choisissons Trawangan, la plus developpee, et nous nous y rendons a bord d'un bateau charge de la ravitailler en eau douce.

A notre arrivee, nous sommes decus. La maree est basse, la plage est loin d'etre idyllique, les premieres guesthouses visitees sont delabrees. Mais nous allons changer progressivement d'avis. Nous trouvons des bungalows flambant neufs tres sympa (a l'exception de la presence de la mosquee a cote). Puis le tour rapide du village nous permet de decouvrir l'atmosphere decontractee qui y regne. Pas de vehicules motorises et de routes bitumees, uniquement quelques carioles se deplacant peniblement sur la piste sablonneuse faisant le tour de l'ile. Pas d'hotels de luxe (ils se sont etablis sur Lombok a Senggigi), seuls les nombreux centres de plongee proposent des bungalows bien equipes (20 dollars la nuit). On peut trouver des restaurants et des bars pour tous les gouts, du "local" au "a la mode". L'ambiance est calme car, comme a Bali, il y a un peu de touristes mais 3 ou 4 fois moins qu'il y a un an.

Premiere plongee le lendemain matin. En nous rendant sur le site, je m'apercois que les Gilis sont autrement paradisiaques a maree haute, lorsqu'une aureole d'eau turquoise les encercle. Certes, les fonds marins sont pauvres en termes de recifs coraliens et quantite de poissons, mais il y a la qualite et la visibilite. J'ai donc effectue l'une de mes plus belles plongees du voyage. Au palmares : 2 requins de 2 metres, 3 tortues, 1 enorme pieuvre, 1 grosse raie, 1 barracuda... J'ai pu m'approcher a un metre des tortues, l'une nageait, l'autre dormait, la derniere mangeait. Grandiose.

L'apres-midi, un peu de baignade puis nous faisons le tour rapide de l'ile a velo (a pied aurait ete plus intelligent car les pistes de sable ne sont pas tres cyclables...). Nous arrivons a temps pour commander des banana milk-shakes et nous installer confortablement afin d'assister au spectacle du coucher du soleil. Pas mal puisque se dessine a cote du soleil tombant la silhouette du Gunung Angung (3142 m), le plus haut sommet de Bali. On se mate ensuite un episode de "Sex in the city" sur ecran geant, affales dans des coussins confortables, puis nous dinons au "Borobodur", avec sa belle terrasse et son mobilier en teck, avec une assiette de fruits de mer a 2,5 euros (avec entree et dessert).

Le troisieme jour, je plonge de nouveau le matin. Pas terrible. Les coraux sont un peu plus beaux que la veille, mais il n'y a pas beaucoup de poissons a se mettre sous la dent. Je vois quand meme un gros thon.

En milieu d'apres-midi, mous faisons nos adieux a Stephan, qui rentrera demain sur Jakarta, juste a temps pour profiter du buffet du 14 juillet a l'Ambassade. Nous prenons la navette publique avec les locaux pour revenir sur Lombok. La suite de la journee sera penible. Nos deplacements en transport local a travers Sumatra et Java avaient ete plutot agreables. On avait bien essaye de nous arnaquer de temps en temps, mais juste de 10 a 25% par rapport au prix reel. A Lombok, je n'ai jamais vu un tel ramassis de chacals et de voleurs. Dans toutes les stations de bus (a Sumbawa aussi comme nous allons le decouvrir par la suite), des petits malins parlant anglais se chargent d'arnaquer les voyageurs en negociant des prix exhorbitants puis recoltent quelques milliers de Rp en echange de la part du conducteur de bus ou de taxi ne connaissant que quelques mots de la langue de Shakespeare. Je n'avais pas trop accroche jusqu'a present avec les males indonesiens, des glandeurs macho, au look decontracte avec leurs cheveux longs et leur guitare, et souvent prets a se foutre de la gueule des touristes une fois le dos tourne (en particulier les jeunes dans les villes ou les sites touristiques). A Lombok, ils personnifient le type de personnage que je deteste.

Une des choses que j'aurais appris durant mon voyage, c'est a deceler les mensonges. Mais ce n'est pas toujours facile car le Lonely Planet n'a pas ete remis a jour depuis 3 ans et tous les prix sont errones. Cela rend ambigues les relations avec la population locale.Quand on voyage, il faut trouver le bon equilibre entre la naivete et la paranoia. Lorsque l'on rencontre une personne sympathique ou souhaitant nous aider, faut-il la traiter gentillement ou de facon sechecar il y a de l'arnaque dans l'air ? Une regle simple a appliquer : toute personne tropamicale dans les endroits touristiques est a eviter.

Lorsque nous debarquons du bateau a Bangsal, a peu pres une dizaine d'emmerdeurs nous interpellent et nous proposent de nous emmener jusqu'a Senggigi avec leur voiture car "nous sommes Dimanche et il n'y a pas plus de bus locaux". Nous les ignorons et poursuivons notre chemin. Sur le parking a l'entree de l'embarcadere, une douzaine de gamins parlant anglais nous sortent les memes salades et plein d'autres encore. Nous pourrions rejoindre la route principale a 1km, pour essayer de prendre un bus local qui circule certainement, mais il y a un taxi avec compteur sur le parking et nous decidons donc de le prendre pour fuir la horde de chacals. C'est plus cher que le bus, mais le trajet de Gili Trawangan jusqu'a Senggigi ne nous aura finalement coute que 20 000 Rp (2,5 dollars) alors que la majorite des voyageurs prennent la navette pour touristes coutant 2 fois plus cher et partant seulement le matin depuis les Gilis.

A l'arrivee a Senggigi, le meme cirque continue. Le taxi veut nous faire payer 35 000 Rp alors que le compteur indique 30 000 Rp. Puis une dizaine de sangsues nous abordent pour nous aider a trouver un hebergement et ainsi recolter une commission. Vous ajoutez les taxis, les agents de voyage tentant de vendre leurs tours,et les vendeurs de montres et de babioles, et vous obtenez la ville d'Asie du Sud-Est avec la plus grande concentration de chacals. Il faut savoir que Senggigi est la principale station balneaire de Lombok, l'alter-ego de Kuta a Bali. La clientele des Holiday Inn, Sheraton et autres hotels de luxe est un gibier certainement facile a arnaquer et tout le monde tente donc sa chance... Par ailleurs, la crise monetaire de 1997 et l'attentat de Bali ont fait des ravages economiques ici, beaucoup plus visibles qu'ailleurs. De nombreux commerces sont vides ou abandonnes, les panneaux "For Sale" fleurissent au printemps comme en hiver. En bref, nous avons atterri dans un endroit ou nous n'avons guere envie de nous eterniser. Heureusement, nous degotons une excellente guesthouse (Raja's), un veritable havre de verdure et de tranquillite retire au fonds d'une etroite allee.

Pour conclure cette fin de journee epuisante, je me rends compte en deposant mon sac-a-dos que j'ai egare une de mes chaussures de marche. Je l'avais pourtant solidement attachee sur un cote, mais elle doit probablement trainer encore au fonds du coffre du taxi. Les Gilis nous manquent deja...

14/07/03 Environs de Mataram et Senggigi

Nous louons a nouveau une moto pour nous echapper de Senggigi et explorer la campagne autour de Mataram. Ouais bof. Les paysages sont loin d'etre aussi charmants qu'a Bali. Peu de terrasses. La plupart des rizieres sont deja seches. Les quelques temples hindous reminiscents de la periode d'emprise balinaise sont quelconques. Ceci dit, nous tombons sur quelques belles scenes pittoresques. Des paysans labourent leurs champs avec une charrue toujours tiree par des boeufs. D'autres extraient les grains de riz du "paddy" fraichement recolte. En nous perdant sur les routes de campagne, nous tombons sur un petit marche sympathique ou nous attirons bien sur la curiosite. Voir vidéo.

De retour a Senggigi en debut d'apres-midi, nous empruntons la tres belle route cotiere partant vers le Nord, en longant differentes plages et criques remplies de cocotiers. A une demi-heure environ en moto de Senggigi, nous decouvrons une fantastique plage completement deserte. A part le sable noir assombrissant la couleur de l'eau, un vrai paradis comme devait l'etre Senggigi dans les annees 70 avant la fievre immobiliere. Nous y assistons a un beau coucher de soleil, bien loin des emmerdeurs en tout genre de Senggigi.

15 au 17/07/03 de Lombok a Flores

Cela suffira pour Lombok meme s'il y a parait-il une jolie plage a Kuta dans le sud et de chouettes paysages autour du volcan Rinjani. Je prefere avoir une journee supplementaire a Bali ou a Flores, la prochaine ile que nous souhaitant decouvrir. Le probleme, c'est qu'entre Lombok et Flores, il y a une autre ile : Sumbawa. Cette derniere est traitee en quelques pages dans le Guide du routard, et guere plus dans le Lonely Planet. Nous ne ferons donc que la traverser.

Nous quittons Senggigi sans regrets car il nous faudra une bonne dizaine de minutes avant de finir par trouver un mini-bus allant vers Mataram a un prix normal. Pour rejoindre la gare routiere, un autre mini-bus est necessaire. L'homme en face de Sophia est tropamical et souriant pour etre honnete. Il nous annonce qu'il peut nous aider a acheter les billets pour Sumbawa. Je le suspecte de vouloir toucher une commission et je prefere donc l'ignorer en regardant par la fenetre pendant qu'il continue a parler avec Sophia. Il descend finalement avant nous. Bizarre. Lorsque nous montons a bord du bus partant vers Sumbawa, Sophia ne trouve plus son porte-monnaie... En repensant aux details du trajet, nous realisons a quel pointles pickpocketsont ete malins pour nous berner. La personne assise a cote de Sophia etait etonnament proche et portait un sac masquant ses mains. La personne trop sympathique en face a pris a un moment les mains de Sophia soit-disant pour lui conter son avenir. Pendant ce temps, son complice a cote subtilisait le porte-monnaie. Pas simple puisque ce dernier se etait dans une banane se trouvant elle-meme a l'interieur d'un petit sac-a-dos pose sur les genoux de Sophia !

Cette mesaventure nous servira de lecon mais n'impactera heureusement pas la suite du voyage, puisque le porte-monnaie ne contenait que 40 dollars et une carte de credit non operationnelle. Juste a cote dans la banane se trouvait la pochette en tissu avec traveller cheques, cartes de credit operationnelles, billets d'avion, passeport...

La route traversant Lombok d'Ouest en Est nous confirme que les paysages n'ont rien d'extraordinaires sur cette ile. Quand le ferry debarque notre bus a Sumbawa (nous y avons mateMad Max !), c'est le choc. Les collines sont completement arides, brulees par le soleil. On est loin de la jungle tropicale apercu a Java ou a Bali. On se croirait plutot en Australie, ce qui s'explique facilement car la ligne de Wallace passe entre Bali et Lombok. Les iles a l'Est de cette ligne (Sumatra, Java, Bali...) appartenaient au continent asiatique, alors que les iles a l'Ouest (Lombok, Sumbawa, Flores,Nouvelle-Guinee...) appartenaient au continent australien. La faune et la flore sont donc completement differentes. Il parait que l'on retrouve meme des kangourous et d'autres marsupiaux australiens en Irian Jaya (Nouvelle-Guinee) !

Nous poursuivons notre route jusqu'a Sumbawa Bisar, premiere ville-etape de notre trajet jusqu'a Flores. Nous traversons de jolis villages avec des maisons traditionnelles sur pilotis tres colorees, nous rappelant les belles demeures du pays Minangkabau a Sumatra. Cela change des maisons en brique et beton de Java, Bali ou meme Lombok. Voir vidéo.

Le lendemain matin, j'essaye de prendre de la Savarine comme traitement preventif pour la malaria. Mon estomac n'apprecie pas, et je laisse tomber par consequent. J'avais auparavant pris de la Malarone au Cambodge, au Laos et a Sumatra sans aucun probleme. J'espere que les moustiques seront clements avec moi.

Nous allons jeter un coup d'oeil au centre-ville, autour de l'ancien palais du sultan. L'ile de Sumbawa a ete jusqu'a recemment (les annees 50) divisee en 2 royaumes, celui de Sumbawaa l'Ouest, et celui de Bima a l'Est.Le palais de l'ancienne capitale de Sumbawa est completement different de ceux que l'on peut voir a Java pusiqu'il est entierement en bois, sur pilotis et ne presente aucune influence europeenne. Nous allons ensuite faire un tour dans les vieux quartiers populaires, ou nous denichons quelques belles maisons traditionnelles.

Puis c'est reparti pour 8 heures de bus local jusqu'a Bima, la capitale de l'autre ancien royaume de l'ile. Comme la veille, nous passons par de charmants villages et la route serpente par moment le long de la cote, puis escalade des collines pour passer d'une valle a l'autre. Mais a part quelques rares rizieresvertes, les paysages ne sont pas fantastiques. A noter toutefois que nous traversons de beauxmarais salants, avec des tas de sel coniques consciencieusement alignes le long des bassins.

A notre arrivee a Bima, plus de bus public pour rejoindre notre deuxieme ville-etape, Sape, ou se trouve l'embarcaderedu ferry allant vers Flores. Nous nous offrons donc les services d'un taxi pour effectuer le trajet de1h30.

Le troisieme jour se passe sur l'eau puisque le ferry met 8 heures pour rejoindre Labuanbajo a Flores. Mais on ne s'ennuie pas car le bateau traverse le parc national de Komodo et sa myriade d'iles. J'essaye bien d'apercevoir quelques dragons sur les plages mais sans succes... A l'instar deSumbawa, ces iles ne possedent pas de volcans ou de montagnes suffisamment eleves pour bloquer les nuages, et la vegetation est par consequent completement brulee par le soleil.Les reliefspresententdes formes torturees et sont recouverts de quelques arbustes et de beaux palmiers emergeant au milieu de la broussaille. Les belles plages de sable blanc ne sont foulees que par quelques crabes en quete de nourriture.

Labuanbajo est un charmant petit port de peche, dont la vieest apeine chamboulee par la presence des nombreux touristes venus se perdre par ici pour explorer le parc national de Komodo voisin.

juil.
13

Indonesie (06/07/03 - 10/07/03)

  • Par fred le 13/07/03 - 15:23
L'Est de Java. Des volcans, des volcans et des volcans...

06/07/03 de Solo au Mont Bromo

La journee la plus creuse et ennuyeuse de mon sejour en Indonesie. Nous prenons un bus de Solo a Probolingo (7-8h) puis un mini-bus jusqu'au village de Cemoro Lawang (1h30), la base la plus developpee pour decouvrir le Mont Bromo. Je dois dire que les paysages de l'Ouest ou le centre de Java etaient nettement plus attrayants. Mais les tresors de l'Est de Java se trouvent en altitude comme nous allons le decouvrir durant les jours suivants...

07/07/03 Le Mont Bromo et le cratere du Tengger

Nous sommes arrives de nuit la veille, et c'est toujours dans le noir que nous commencons la journee avec un depart a 4h du matin. Ce sera donc la surprise lorsque le soleil emergera. Une jeep nous emmene au point culminant du cratere, le Gunung Penanjakan (2770 m), ou une terrasse a ete amenagee pour observer le levee du soleil d'un cote et le fantastique panorama sur les volcans de l'autre. Comme a Borobodur et Prambanan, les meutes de collegiens et de lyceens en vacances scolaires ont investi les lieux. Ils sont emmitoufles dans des manteaux loues a l'occasion afin de braver des temperatures auxquelles ils ne sont pas habitues.

Lorsque le soleil pointe le bout de son nez, le spectacle est a couper le souffle. Bienvenu sur la lune. Le cratere du Tengger mesure 11 km de diametre. Une mer de sable et 3 volcans en occupent le centre : le Batok (2440 m) aux formes parfaites, le Kursi (2581 m) et le Bromo (2392 m).Ce dernier est le plus connu en raison de son activite et de son caractere sacre (un temple hindou a ete edifie a sa base). Le spectacle du volcan Semeru a l'horizon (le plus haut de Java a 3676 m) crachant de la fumee a intervalles de temps reguliers est aussi fascinant que celui du cratere du Tengger. Voir vidéo.

Nous allons ensuite jeter un coup d'oeil aux entrailles du Bromo. Ouais bof, pas extraordinaire. Plutot que le volcan, c'est avant tout le panorama aux alentours qui est incroyable.

Nous sommes de retour a notre guesthouse, positionnee sur la cime du cratere, vers 8 h. Le temps de se reposer quelques heures puis nous sommes repartis vers d'autres cieux, ceux de Bondowoso en l'occurence. Nous y arrivons en fin de journee et nous y trouvons un hotel fort agreable (5 dollars la nuit) puisque dote d'une gigantesque piscine.

08/07/03 Le cratere Ijen

Rejoindre le plateau Ijen en transport local parait un peu galere. Comme nous avons rencontre 3 autres voyageurs la veille a notre hotel, nous en profitons pour louer avec eux un mini-bus afin d'effectuer cette excursion. Leveede nouveau matinal puisque nous partons vers6 h... Lorsque nous debarquons sur le plateau, nous sommes surpris de voir que les pentes fertiles des volcans ne sont pas exploites ici par des agriculteurs. La nature est encore sauvage, et on ne trouve que quelques plantations de cafe autour des villages occupant le plateau.

Commeau Mont Bromo,plusieurs cones de volcan emergent du paysage : le Merapi (2800 m), le Raung(3332 m) et l'Ijen (2368 m),qui a donne son nom au plateau. C'est ce dernier que nous avons choisi de gravir. NotreNicolas Hulot nationall'a rendu celebre puisqueles porteurs de soufre y travaillant furent le sujet de l'une de ses emissions.Nous les croisonssur le chemin, portant des dizaines de kilo repartis dans2 paniers en equilibre sur des epaules brulees par le frottement.

Lespectacle du cratereIjen egale voire surpasse celui du cratere Tengger. Un magnifique et gigantesque lac turquoise siege dans ses entrailles. Les sources de soufre sont impressionnantes, et crachent des salves de fumees asphixiantes. Nous essayons de descendre y jeter un coup d'oeil avec Stephan mais abandonnons alors que nous touchons au but. Horrible ! Je me demande comment les pauvres porteurs arrivent a faire ces aller-retour des dizaines de fois par jour pour un salaire de misere (330 Rp le kilo, c'est-a-dire moins de 5 centimes d'euro...). Ils sont bien content de pouvoir arrondir leurs fins de mois avec les touristes genereux souhaitant prendre des photos. Vers 11h, les sources se dechainent et enfument l'ensemble du cratere. Nous retournons donc a notre mini-bus qui nous ramene jusqu'a Bondowoso, ou nous apprecions plus que jamais la piscine de l'hotel.

09 au 10/07/03 Periode de transition a Kuta - Bali

Encore une journee de transport. Nous prenonsun bus jusqu'a Situbondo ou nous sautons dans un bus direct jusqu'a Denpasar. Nous faisons nos adieux a Java lorsque nous prenons le ferry nous deposant a Bali.

Mes premieres impressions sur Bali sont extrement positives. Des paysages en terrasses comme je les aime, une activite religieuse intense, de jolis costumes traditionnels. Mais Bali, ce sera pour dans 2 semaines, avant l'Australie. Nous ne sommes en fait que de passage. Nous allons directment a Kuta, qui se trouve proche de l'aeroport, ou nous voulons prendre un avion vers Lombok.

Nous ne faisons pas de reservation et lorsque nous arrivons le matin a l'aeroport, les 10 vols journaliers sont pleins... Tant pis, nous resterons un jour supplementaire a Kuta.

Kuta est la ville touristique la plus developpee de l'ile. Il faut savoir que Kuta, ce n'est pas Bali, c'est une station balneaire et un centre commercial pour etrangers, en particulier pour les australiens fanas de surf. C'est ici qu'a explose la bombe en octobre dernier. Un batiment en cours de construction a l'emplacement de l'ancienne discotheque en est la seule trace. Les touristes commencent a revenir, mais on est encore loin des frequentations d'avant l'attentat.

Kuta, c'est de beaux hotels pas trop cher, des magasins partout, des restaurants servant des pizza et des spaghettis, des bars diffusant des DVD toute la journee. En bref, pas top pour les voyageurs souhaitant du depaysement, mais ideal pour les voyageurs souhaitant se ressourcer un petit peu avec de la culture occidentale. Il faut juste arriver a supporter les chacals a tous les coins de rue qui interpellent les touristes pour leur proposer des services divers et varies (taxi, hotel pas cher, un peu de drogue douce...).

juil.
9

Indonesie (06/07/03 - 10/07/03)

  • Par fred le 09/07/03 - 14:09
L'Est de Java

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juil.
4

Indonesie (28/06/03 - 05/07/03)

  • Par fred le 04/07/03 - 12:20
Le centre de Java. Un peu d'altitude avec le plateau Dieng. Puis un peu de culture et de vie traditionnelle avec les visites de Borobodur, Yogya, Prambanan et Solo.

28/06/03 de Pangandaran a Wonosobo

Pour rejoindre Wonosobo ou Yogyakarta depuis Pangandaran, l'itineraire classique est de prendre un mini-bus jusqu'a Kalipucang, puis un bateau jusqu'a Cilacap, et enfin un autre mini-bus. Le parcours en bateau est un des "Highlights" aux environs de Pangandaran d'apres le Lonely Planet. Tous les hotels, guesthouses,et restaurants de la ville proposent un pack pour effectuer ce trajet sans se prendre la tete et a un prix abordable (moins de 9 dollars). Nous avions donc reserve ce service la veille. Mauvaise surprise au reveil, nous apprenons que tous les bateaux ont ete soit-disant reserves par le gouvernement. Soit nous effectuons le trajet en bus, soit nous restons une nuit de plus et le lendemain, c'est garanti le service sera assure. Nous commencons a etre des routards avertis, et nous devinons qu'il n'y a tout simplement pas assez de voyageurs pour rentabiliser le service (il n'y a pas de bateau regulier, et il faut donc payer un bateau "charter"). Pourquoi ces mensonges ? Parce qu'ils nous ont deja menti la veille en nous annoncant que 6 personnes s'etaient inscrites ?

Toujours est il qu'il y a un desavantage a etre les seuls voyageurs dans les parages : les services et excursions pour touristes necessitant un minimum d'inscrits ne sont plus operationnels. Deja a Bukittinggi, le tour des environs que nous avions souhaite faire avait ete annule a notre reveil. On nous avait pourtant assure egalement que "4 personnes etaient deja inscrites"... Tant pis, nous allons essaye d'effectuer le parcours par nous-meme. Un peu complique en effet, mais nous finissons par rejoindre Wonosobo vers 19h apres un parcours du combattant :
- bus Pangandaran/ Kalipucang,
- bateau Kalipucang / port de Cilacap,
- bus port de Cilacap/ gare routiere de Cilacap,
- bus Cilacap/ Purwokerto,
- bus Purwokerto/ Wonosobo.

Et encore, ce fut chaud pour prendre le bateau. A notre arrivee a Kalipucang, on nous confirme qu'il n'y a pas de service regulier. Lorsqu'un groupe de 10 hollandais en voyage organise arrive, nous croyons etre tire d'affaire. Mais leur guide imbecile ne nous veut pas surson bateau. En patientant un peu, nous finissons par partager une embarcation avec 4 jeunes indonesiens en vacances.

Tout compte fait, ces efforts ne seront pas recompenses : les "backwaters" sont extremement decevants. Moi qui m'attendait a des"Backwaters" comme dans le Kerala en Inde... Les paysages sont soporifiques et la vegetation se limite la plupart du temps a des forets de mangrove. Heureusement les trajets en bus sont aussi sympa que ceux effectues dans l'Ouest de java. Aux alentours de Purwokerto, la silhouette du Gunung Slamet (3432 m) se dessinant a l'horizon est particulierement impressionnante.

La ville de Wonosobo est tres animee en soiree. Nous sommes samedi soir, et les bandes de jeunes (essentiellement des garcons) se retrouvent autour de la place centrale pour papoter.

29/06/03 Le plateau Dieng

Depuis Wonosobo (900 m d'altitude), nous souhaitons nous enfoncer un peu plus dans les chaines de montagne environnantes, et en particulier grimper jusqu'au plateau Dieng, a plus de 2000 metres d'altitude. Pour ce faire, nous prenons comme d'habitude un bus localplaisant. Le chauffeur fait une pause a 2 reprises dans les marches des villages traverses, et ralentit lorsqu'il voit que nous tentons de prendre des photos par la fenetre. Les paysages sont hallucinants. La route passe dans un premier temps entre le Gunung Sundoro (3151 m) et le Gunung Bismo (2565 m), puis grimpe en zigzaguant entre de superbes cultures de legumes en terrasse. Sans doute l'une des plus belles routes du voyage, au meme titre que celle descendant dans le lac Toba, celle de Kontum a Quang Ngai au Vietnam, et plusieurs autres en Chine du Sud-Ouest.

Lorsque la route debouche sur le plateau, nous sommes plutot decus. Les paysages sont jolis mais un cran en dessous que ceux apercus juste avant. Nous louons de nouveau une moto pour faire un tour. Le premier cratere visite est fascinant (un lac aux couleurs surprenantesen occupe le centre), mais les autres attractions ne sont pas aussiinteressantes. Les temples hindoussont ridicules, et les autres crateres (des lacs, des sources d'eau chaude...) sont quelconques par rapport a ce que peuvent offrir d'autres volcansa Java. Comme il faut payerl'acces a chaque fois, nous sommes un peu exasperes. Apres le dejeuner, nous decidons donc de retourner sur la belle route du matin. Malheureusement, des nuages se sont formes et le panoramaest nettementmoins impressionnant.

Nous rendons la moto et rentrons sur Wonosobo en bus local, un peu frustre car le trajet a l'aller laissait augurer une journee autrement plus excitante.

30/06/03 de Wonosobo a Borobodur

Pour rejoindre Borobodur, le bus localemprunte une route quasiment aussi spectaculaire que celle de la veille. Elle passe en effet par le "Kledung Pass", un col coince entre 2 des plus hauts volcans de Java, le Gunung Sundoro (3151 m) deja apercu hier, et le Gunung Sumbing (3371 m). Les pentes des volcans sont toujours cultives intensement (legumes, tabac), ce qui rend les paysages particulierement enivrants. La suite du trajet est moins interessante. Nous quittons en effet la chaine de montagne centrale pour retourner dans les plaines, aux reliefs moins accidentes.

Nous changeons de bus a Magelang pour atteindre Borobodur. Nous sommes devenus des pros des bus locaux apres presque 1 mois en Indonesie, et lorsque la personne recoltant l'argent nous demande 5000 Rp par personne (60 centimes d'euro), nous savons qu'il ne s'agit pas du tarif local, mais du "tarif touriste". Nous venons juste de payer 6000 Rp pour un trajet Wonosobo - Magelang 4 fois plus long ! Il n'y a rien a faire, il ne veut pas baisser les prix et essaye meme de nous faire descendre en arretant le bus. Nous finissons donc par payer la somme exigee, ce qui ne me derange pas tant que ca. Sophia etait par contre prete a descendre du bus. Cruel dilemme en effet : soit on se fait arnaquer la mort dans l'ame, soit on risque de poireauter de 1/2 heure a 1 heure en attendant le prochain bus, avec le risque de devoir payer le meme tarif. J'estime qu'il y a des cas comme celui-ci ou il faut accepter notre statut de touriste occidental frique, surtout quand les sommes engages sont aussi ridicules. J'ai deja entendu plusieurs histoires de routards qui ne voulant pas se faite arnarquer dans les transports locaux avaient finalement perdu 1 journee de voyage ou s'etaient paye un plan galere. Ce fut le cas de voyageurs croises au Tiger Leaping Gorge (Chine), qui trouvant le prix du nouveau ferry pour rejoindrela guesthouse trop eleve, s'etaient retrouves coinces du mauvais cote des gorges en essayant de prendre le vieux ferry un peu plus loin. Ils avaientdu passerune nuit plus qu'inconfortable dans une cabane, pour finalement prendre le vieux ferryle lendemain a un tarifa peine inferieur... Ils etaient hyper fier de raconter leurgalere! En bref, les routardsextremessont souvent un peu maso.

Une fois installe dans une guesthouse sympathique, et notre estomac rassasie, nous louons des velos (des antiquites) pour visiter des temples mineurs perdus dans la campagne. Nous visiterons le temple mythique de Borobodur au levee du soleil demain. Le temple de Mendut n'a rien d'exceptionnel quand on connait Angkor, mais le monastere bouddhiste a ses cotes merite le detour. C'est la premiere fois que nous croisons des moines bouddhistes en Indonesie, et cela fait plaisir de revoir leurs robes couleur safran entrevus pour la derniere fois en Thailande il y a plus d'un mois et demi.

01 au 02/07/03 Borobodur - Yogyakarta - Prambanan

Un peu d'histoire sur l'evolution des religions en Indonesie. Le premier royaume hindo-bouddhistemajeur aemerger vers le7eme siecle fut Sriwijaya, base a Sumatra. Empire fonde sur le commerce et donc installe sur les cotes, il ne restepresqu'aucune trace de sa puissance malgre sa longevite (jusqu'au 12eme siecle). Par contre lesroyaumes du centre de Javade Sailendra(bouddhiste) et de Mataram (hindou)ont fait preuve de formidables talents de batisseur. A leur apogee entre le 8eme et le 10eme siecle, ils ont erige respectivement Borobodur et Prambanan.Leur economie etant base sur l'agriculture, ils disposaient d'une main d'oeuvre importante.A partir du10eme siecle, le territoire de Java fut reparti entre quelques royaumesmineurs jusqu'al'emergence dans l'Est de Java de l'empire Hindou Majapahit durant le 14eme siecle. Il ne reste malheureusement que quelques ruines non representatives de la puissante capitale de Trowulan. A partir du 15eme siecle, l'Islam s'est impose comme religion d'etat dans les differents royaumes de l'archipel, enprogressant de l'Ouest vers l'Est. L'elite du royaume de Majahapit a du fuir de Java vers Bali au debut du 16eme siecle devant la progressionde cette nouvelle religion. Bali est donc aujourd'hui la seule relique de la religion hindou-bouddhiste auparavant si importante a Java et Sumatra. A partir du 15eme siecle jusqu'a l'etablissement de l'empire colonial hollandais, il n'y a plus eude royaumesde taille importante.

Pourquoi ces brefs rapides historiques ? Pour expliquer qu'il n'y aen Indonesie que 2 monuments historiques majeurs : Borobodur et Prambanan, tous les deux aux alentours de Yogyakarta. On trouve bien quelques petits temples hindou un peu partout dans l'Est ou le centre de Java, mais rien d'impressionnant. Concernant les monuments religieux musulmans, pas grand chose de plus de 100 voir meme 50 ans a se mettre sous la dent (comme en Malaisie). Pas demagnifique palais royal, de vieux templeou d'ancienne pagodemassive comme on en trouve dans le reste de l'Asie du Sud-Est.Ce phenomene s'explique facilement : comme je l'ai souligne, il n'y a eu que des petits sultanatsa partir du 15eme siecle, aucun empire majeur. Les mosquees les plus impressionnantes sont celles eriges dans les 10 derniers annees suite a l'emergence economique du pays...

Commencons par Borobodur. Levee a 5h30 pour assister au levee du soleil. Les etrangers doivent s'acquiter d'un droit d'entree de 7 dollars (60 000 Rp) alors que les locaux payent 3000 Rp... Pas moyen de discuter ici. Seul privilege acquis : nous rentrons10 minutes avant les troupeaux de collegiens et lyceensen vacances scolaires.

Le spectacle estremarquable : le soleil se leve entre 2 volcans pour illuminer progressivement la plaine recouverte de brume. Le temps de prendre quelques photos des stupas et bouddhas rougeoyants et le sommet du temple est envahi par les locaux. Ce n'est pas grave, je descends dans les niveaux inferieurs pour admirer les bas-reliefs, ou en bas dumonument pour me rendre compte de son aspect colossal. Construit vers 750-850 apres JC, sa base mesure 118 * 118 metres.Il y a 432 bouddhas dans les chambres au-dessus des galeries et pres de 72 bouddhas abrites dans des sortes de cloche a fromage (des stupas)sur les 3 terrasses du sommets. Ce monumentbouddhiste vaut vraiment le detour. Il s'en degage uneatmosphere particuliere et son architecture est completement differente des autres temples bouddhistes dissemines dans le reste de l'Asie du Sud-Est.

Apres 2h30 a parcourir le temple, je suis betement le signe "sortie", et je me retrouve dans un veritable labyrinthe de magasins de souvenir ! J'arrivea m'en sortiret je rejoins Sophia a la guesthouse, en train de discuter avec un chinois de Taiwan marie a une indonesienne. Concernant les relations tendus entre chinois et idonesiens, le discours qu'il nous livre est pour une fois etonnant. D'apres lui, les chinois residant en Indonesie sont parfoisignobles et leur comportement explique facilement les malheurs qui leur ont ete faits durant les emeutes de Jakarta en 1998. Les chefs d'entreprise chinois traiteraient en effet leur employes indonesiens comme des chiens. Comme en Malaisie, ils sont souvent plus riches que les locaux de pure souche, et bien plus en reussite lorsqu'il s'agit de gerer un commerce.Ceci expliquent aussi la jalousie a leur egard... Toutefois, je n'arrive pas a expliquer le fait suivant : pourquoi la Malaisie etl'Indonesie, 2 payspourtant si proches en terme deculture, font preuve d'un degre de tolerance si different vis-a-vis des chinois ?Par ailleurs,le faitqu'il yait moins de chinoisen Indonesie (en raison de l'antipathie a leur egard) explique a mon avis en grande partie lesfaibles performances economiques dece paysen comparaison avec la Malaisie.

Nous partons ensuite vers Yogyakarta.Cette ville estla capitale touristique de Java, non seulement en raison de la presence a proximite de Borobodur et Prambanan, mais aussi de par son statut de centre culturel. Nous sommes finalement assez decus. Le quartier pour routards est tres sympa mais le reste de la ville n'a pas beaucoup de charme et il n'y a pas grand chose a visiter. Il y abien un palais royal, mais franchement, il n'avait pas l'airimpressionnant lorsque nous sommes passes a proximite.

Le lendemain, on s'organise par nous-meme une expedition dans les alentours de Yogya enbus local. Nous commencons par Kaliurang, la station d'altitude situee au pied du volvan Merapi (2911 m). Une balade a travers une foret permet d'atteindre un joli point de vue sur ce volcan encore en activite, l'un des plus dangereux d'Indonesie. Comme d'habitude, lesgroupes de collegiens et lyceens sont nombreux mais nous sommes les seuls etrangers.Puis nous reprenons 2 bus differents pour nous rendre a Prambanan.Il faut encore payer 7 dollars lorsque l'on est etranger, maisca vaut le coup. Le principal complexe de temples hindou (Shiva Mahadeva) a ete renove d'une facon remarquable, et est impressionnant. Comme a Borobodur, les locaux en vacances viennent parfois de contrees peu habituees aux touristes. Ils sont par consequent ravis lorsque nous acceptons de poser avec eux sur leur photo souvenir. Parfois, il me faut sourirependant une dizaine decliches,lorsque tous les membres d'une famille ou d'un groupe d'adolescentes posent a mes cotes a tour de role!

Un conseil si vouspassez parPrambanan,poussez la visite jusqu'au temple de Candi Sewu, situe a 1 km au Nord de Shiva Mahadeva. Quand j'y suis alle, j'etais absolument tout seul ! Il s'agit d'un gros temple entoure de 4 anneaux de 240 petits temples.

Apresle joli levee de soleil la veille, nous decidons de faire un coucher du soleil. Nous allons donc auKraton Ratu Boko, aquelques kilometres au sud du village dePrambanan.Le tarif etantencore de 7 dollars, nous patientons a l'entree. Situe sur une colline, ce temple (et son entree...) offre en effetun chouette panorama sur les plaines avec la splendide silhouette effilee du volcan Merapi a l'horizon.

03 au 05/07/03 Solo

Apres une matinee tranquille a Yogya (je m'y fais couper les cheveux pour 50 centimes d'euros !), nous prenons un train express vers Solo (a 65 km seulement de Yogya).

A partir du 16eme siecle, le royaume musulmande Mataram (a ne pas confondre avec celui ayant construit Prambanan), a etabli ses capitales aux alentours de Yogyakarta ou de Solo. Lorsqu'une nouvelle guerre de succession intervint en 1757, les hollandais deciderent de diviser pour mieux regner, et eclaterent l'empire en 3 royaumes, dont un base a Yogya et un autre a Solo. Ces deux villes rivaliserent depuis en termes politique, economique mais aussi culturel. Yogya l'emporte haut la main aujourd'hui pourattirer les touristes (en raison de la proximite de Borobodur). C'est bien dommagecar Solo estautrement plus seduisante, malgre un nombre d'habitants plus eleve. Il s'agit sans hesitation de la "grosse" ville la plus agreable de notre sejour a Java et Sumatra. S'y balader est un bonheur. Les scenes de vie traditionnelles sont a tous les coins de rue, en particulier ceux des "gangs", desquartiers sillonnes par de minusculesruelles pour pietons uniquement. Les enfants y jouent au cerf-volant ou au football. Les nombreuses cages suspendus temoignent de la passion des indonesiens pour les oiseaux. Ou plutot pour les jeux d'argent puisqu'ils les elevent pour participer a des concours de chant, des courses (pigeons), ou des combats (coqs) au cours desquelles de grosses sommes d'argent sont parfois mis en jeu. A noter par ailleursque l'on tombe par hasard sur de superbes exemples d'architecture colonial dans ces quartiers.

Une anecdote amusante. Alors que nous dejeunions au Warung Baru, notre "cantine" a Solo (25 centimes d'euro le milk-shake ou le jus de fruit !), la serveuse avait a sa disposition une boite remplie de pieces de monnaie, qu'elle distribuait aux incessants joueurs de guitare venant excercer leur talent a l'entree du restaurant... Des qu'ils avaient leur piece de monnaie en poche (parfois au bout de 3 notes), ils fuyaient vers le commerce suivant.

Un des aspects les plus attachants de Solo fut la circulationqui, une fois n'est pas coutume,estrelativementreduite.Les "becaks" sont doncencore les rois de la route.Les regarder circuler est un passe-temps des plus agreables. Il est parfois difficile d'apercevoir les passagers au milieu des courses ou de la cargaison qu'ils transportent ! Voir vidéo.

Comme a Yogya, on peut visiter un palais royal (on a meme le choix puisqu'il y en a deux). C'est ce que nous faisonsa l'arrivee de Stephan (quise joint a nous jusqu'a Lombok) lors de notre deuxieme jour a Solo. Pas terrible pour un palais royal... Les influences europeennes sont trop presentes et on se croirait dans une grande demeure coloniale. La visite du marche aux puces offre quant-a-elle beaucoup plus d'opportunites de photos. En soiree, nous allons voir un spectacle traditionnel de Wayang Orang, la version locale du theatre (tarif: seulement 50 centimes d'euro le ticket !). Nous sommes les seuls touristes... et aussi lesseuls a partir au bout d'une demi-heure. Plutot soporifique quand on ne comprend pas la langue. Ce qui faisait plaisir a voir, c'est que la salle etait pleine et toutes les classes d'age etaient representees. Les traditions semblent seperpetuer par consequent. Au retour a l'hotel, nous tombons sur la fin d'un mariage tres anime. Les femmes comme les hommes portent de splendides costumes.

En bref, il n'y a peut-etre pas enormement d'attractions touristiques a Solo, mais c'est sans doute l'un des meilleurs endroits pour se plonger dans la vie quotidienne des javanais. Lors de notre 3eme jour, nous decidons d'aller explorer dans les environs le Gunung Lawu, une des montagnes les plus sacrees de Java. On y trouvede mysterieux temples hindous, parmi les derniersconstruits a Javaau XVeme siecle. Le Candi Sukuh et le plus etonnant. Une sorte de mini-pyramide inca avec quelques touchesd'hindouisme et d'animisme. Comme le Candi Ceto que nous visitons par la suite, on donne ce que l'on veut a l'entree (cela change des 7 dollars de Borobodur et de Prambanan !). Les paysages sont par ailleurs sympatiques aux alentours, et la route pour rejoindre le Candi Ceto est formidable. Elle traverse en particulier une joli plantation de the.

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