cinéma (40)
La réalisation d'une suite est toujours un exercice perilleux : l'effet de surprise n'est plus là et tout le monde vous attend au tournant.
Chapeau bas donc à Hazanavicius qui a réussi son pari, en grande partie grâce au talent de Jean Dujardin, en clone de Belmondo/Sean Connery plus crétin que jamais!
Dans l'humour décalé (un peu lourdingue), ils excellent...
Le style "Canal +" des Nuls avec qui Hazanavicius a collaboré à ses débuts plane sur l'ensemble du film.
Dialogues cultes, mise en scène léchée, références clin d'oeil aux plus grands (L'affaire Thomas Crown pour les plans parallèles ou la scène finale de l'escalier empruntée à Hitchcock), musiques et décors brésiliens superbes ... c'est un régal.
Donc, si vous avez aimé le premier, foncez voir le deuxième.
Dans le cas contraire, autant vous abstenir car le second est "pire"!
PS: je tiens à préciser que je suis un grand adepte de l'humour crétin...
OSS 117 : Rio ne répond plus
(Film à l'affiche)Ang Lee est un réalisateur incroyable, capable de réaliser des films dans tous les registres :
- arts martiaux virtuoses (Tigres et Dragons),
- drames oscarisés (Brokeback Mountain, Raisons et sentiments),
- blockbusters grand spectacle (Hulk),
- films indés à petit budget (Ice Storm).
Le voici dans un nouveau registre, plus léger, assez proche de celui de Wes Anderson...
Un film sur la génèse du célèbre festival de Woodstock.
Vivement cet été!
La nouvelle vague des années 2000 serait-elle sud-américaine?
Avec des réalisateurs comme le mexicain Alejandro Gonzales Inarritu (Amours chiennes, 21 grammes, Babel), l'argentin Fabian Bielinsky (Neufs reines, El Aura) ou encore les brésiliens Fernando Meirelles (La Cité de Dieu, Constant Gardener) et ... Walter Salles (Central Do Brasil, Carnets de voyage), les plus belles perles cinématographiques de ces dernières années sont belle et bien latino!
Le nouveau film de Walter Salles est un excellent représentant de cette nouvelle vague : un cinéma intelligent et humaniste, visuellement très travaillé et à la bande-son envoûtante.
On retrouve aussi un système de narration à tiroirs où s'entrecroisent les personnages.
Il décrit les destins croisés d'une famille brésilienne, une mère seule et ses quatre enfants vivant dans les quartiers populaires de Sao Paulo.
A voir!
Une famille brésilienne
(Film à l'affiche)La bande-annonce du nouveau Tarantino est disponible!
Cette fois-ci, Tarantino s'attaque au film historique : la seconde guerre mondiale...
Dialogues cultes, humour et violence ont à nouveau l'air d'être au rendez-vous.
Après Alien 3, Seven, Fight Club, Panic Room et Zodiac, on savait que David Fincher ne faisant pas dans le sentimental. Il est donc surprenant de le retrouver ici derrière un film assez proche d'un Amélie Poulain ou d'un Big Fish : des personnages haut en couleurs aux histoires abracadabrantes, des décors clichés de tics et de tocs et le plein de bons sentiments.
Il faut adhérer à la mélancolie et au rythme nonchalant (mais constant) des 2h35 de cette belle parabole sur la vieillesse, la mort, l'amour et "les choses qui ne durent pas".
On retrouve le charme suranné des grands classiques hollywoodiens, mélangé à l'oisiveté d'un conte pour enfants.
Avis donc aux amateurs... pour les autres, il vaut mieux passer votre chemin.
L'Etrange histoire de Benjamin Button
(Film à l'affiche)Fan d'American Beauty, j'attendais avec impatience ce nouveau Sam Mendes, qui après un décevant Les sentier de la perdition, m'avait à nouveau intrigué avec Jarhead, sur l'ennui des soldats au cours de la première guerre du golfe.
Retour aux sources donc, avec une critique cinglante de l'American Way of Life des années 50's : le metro/boulot/dodo de la vie banlieusarde.
Attention : la bande annonce donne une fausse impression de niaiserie romantique... car c'est tout le contraire qui se produit. Sam Mendes y décrit une vision sombre et sarcastique de la vie de couple!
La force du film réside dans l'interprétation convaincante et toute en nuance de Leonardo et Kate, qui arrivent à donner un troublant réalisme à leurs disputes.
Sam Memdes ne prend à aucun moment partie sur les idéaux contradictoires de chacun : l'idéalisme et l'oisiveté de Kate contre le pragmatisme et la lacheté de Léonardo.
Cette descente aux enfers nous parait donc inéluctable et n'importe quel couple, aussi charmant soit-il de l'extérieur, ne semble être à l'abri... "Même les Wheelers"!
Les Noces rebelles
(Film à l'affiche)On est en 1967, le monde a changé... pas lui.
Vivement le 15 avril!
Woody Allen s'assagit-il avec le temps?
Son dernier film est léger et sympathique... mais sans plus.
Les 4 acteurs principaux sont excellents dans leur rôle respectif, avec une mention spéciale pour Javier Bardem et Rebecca Hall.
On prend du plaisir à suivre leur dilemme existentiel sur la quête de l'amour.
Mais où sont passés les dialogues percutants de Woody Allen et son humour irrévérencieux?
Une ville Barcelone "carte postale" sert de toile de fond pour enchaîner les clichés tant au niveau des personnages que des situations (l'Europe artistique Vs l'Amérique capitaliste, la carpe diem idéaliste Vs la planificatrice réaliste).
Dans les histoires de couples et d'adultères, on est très loin de Match Point du même réalisateur (ou de Closer de Mike Nichols).
Vicky Cristina Barcelona
(Film à l'affiche)A la limite du documentaire, Gomorra nous plonge dans le quotidien d'un quartier "difficile" de Naples.
On est loin des clichés américains de la mafia de Scorcese et plus proche d'un cousin brésilien : La cité de dieu.
A l'image de la superbe affiche, certains de ses habitants, tout juste adolescents, ont trop regardé Scarface, d'autres trop joué à GTA. Ils se retrouvent donc rapidement pris dans la spirale infernale de la Camorra, à essayer d'imiter leurs héros virtuels, à jouer à une guerre qui les dépasse. C'est probablement cet aspect-là du film qui est le plus perturbant.
On ressort "sonné" par cette difficile réalité, où la mort peut surgir à tout instant.
Une oeuvre coup de poing et dense (un peu fouilli dans l'ensemble).
Un Grand Prix à Cannes mérité!
Gomorra
(Film à l'affiche)Très beau film, à la limite du documentaire, sur les traces et les répercussions de la guerre sur la mémoire d'un soldat quelconque.
L'originalité de "Valse avec Bachir" vient de son rendu graphique absolument magnifique, le jeu sur les couleurs est superbe, et certains plans sont de toute beauté.
La bande-son colle parfaitement à l'ambiance, avec notamment quelques tubes new wave (PIL, OMD) qui ont, comme dans Persepolis, marqué toute cette génération.
Le mérite de ce film est de remettre sur le devant de la scène un passage de l'histoire que l'on aurait tendance à oublier... et qui permet de mieux comprendre ce qui se passe aujourd'hui dans cette région du globe, si sensible et complexe.
Une guerre inutile de plus et des gens marqués à jamais des 2 cotés.
Valse avec Bachir
(Film à l'affiche)Prétentieux, lourd, indigeste... l'intellectualisme français a encore frappé.
Dialogues littéraires frôlant le ridicule, personnages pathétiques tous plus irritants les uns que les autres, situations grotesques ou invraisemblables : le film sonne faux et creux du début jusqu'à la fin.
Je me suis ennuyé ferme durant les 2h30, malgré quelques scènes réussies.
L'interprétation est aussi pompeuse et appuyée:
- Melville Poupaud fait son Melville Poupaud, nonchalant et clope au bec.
- Catherine Deneuve fait sa Catherine Deneuve, permanentée et maquillée même au saut du lit.
- Matthieu Almaric fait son Matthieu Almaric (excellent, comme d'habitude).
Idem pour les autres : Emmanuelle Devos, Hippolyte Girardot, Jean-Paul Roussillon...
Et Desplechin fait son Desplechin.
Il devrait peut-être passer au théâtre, qui se rapproche plus de son univers, trop intellectuel pour être crédible à l'écran.
Pour moi un bon film est comme un bon album : il doit me faire vibrer, me prendre aux tripes.
Or ici, pas un seul grain d'émotion, alors qu'il s'agit d'un drame familial, un comble.
Dans le style, autant aller voir du coté nordique, Festen par exemple.
Pour une fois, je suis d'accord avec Chronic'art (une des rares critiques négatives sur le film!!!) :
"un monstre cinématographique de froideur, d'ennui, d'esbroufe, de tristesse rance".
Un conte de Noël
(Film à l'affiche)Autant je n'avais pas apprécié La vie aquatique, qui n'avait ni queue ni tête, autant j'ai adoré Darjeeling Limited... Un véritable bol d'air frais dans le cinéma actuel.
Wes Anderson (spécialisé dans les histoires de famille...) remet au goût du jour un cinéma d'antan. Même les effets de caméra, les travelling et bien sur le générique semblent tout droit sortis des années 70's. Un style qui sied parfaitement à l'ambiance du film en lui donnant un petit coté Bollywood!
Les situations loufoques s'enchainent au rythme d'une bande-son du meilleur effet, avec une mise en scène fluide et élégante.
Les amateurs d'Inde se retrouveront dans pas mal de situations, avec un sentiment de vécu ou de déjà vu...
A bord du Darjeeling Limited
(Film à l'affiche)Avec la flambée des prix du baril, PT Anderson a eu le nez fin pour aborder un sujet d'actualité...
Autant l'or jaune a été traité et re-traité dans des centaines de westerns, autant l'or noir et le début de sa prospection aux USA ont été plutôt ignorés jusqu'à présent.
Cet aspect historique est passionnant et donne tout son intérêt au film.
PT Anderson est ambitieux : il a souvent du mal à tenir un format classique d'1h30...
Même si les 2h38 passent plutot bien, on a l'impression que There will be blood a été sacrement amputé : il y a des sauts scénaristiques assez surprenant qui donne un arrière goût d'inachevé.
Mais c'est peut-etre mieux ainsi (on se souvient de l'impressionant Magnolia, limite indigeste par sa longueur).
Un film intéressant donc, à voir notamment pour les superbes moustaches (et la prestation) de Daniel Day Lewis.
There Will Be Blood
(Film à l'affiche)Klapisch n'est pas le talent d'Altman ou de PT Anderson : on est loin d'un Short Cuts ou d'un Magnolia.
Sur toile de fond parisienne, il tente de croiser les destinées en s'appuyant malheureusement sur des personnages et des situations un peu trop clichés...
Alors que le thème principal est basé sur la relation à la vie et à la mort, le tout ne génère aucune émotion, ce qui est un comble.
Le film n'est pas déplaisant à regarder (Juliette Binoche est magnifique...), mais on l'a vite oublié.
Paris
(Film à l'affiche)Le cinéma indépendant américain continue son petit bout de chemin en nous proposant quelques pépites par an.
Toujours dans le registre comédie décalée, tendre et subtile (Garden State, Sideways, Little Miss Sunshine...), voici l'histoire de Juno ou la gestion d'une grossesse inattendue par une adolescente au caractère bien trempé.
Le même sujet était déjà traité par En cloque mode d'emploi dans un registre un peu plus potache... ;)
Comme d'habitude, une superbe bande-son folk/pop rythme une histoire au scénario relativement banal.
C'est surtout la gallerie des personnages et des dialogues qui rend le film intéressant, et notamment l'interprétation d'Ellen Page.
Fort sympathique!
Juno
(Film à l'affiche)Ben Affleck derrière la caméra + Casey Affleck devant la caméra = une bonne surprise!
Gone baby gone est dans la lignée de Mystic River.
Normal puisqu'après Mystic River, il s'agit de la deuxième adaptation d'un roman de Dennis Lehane.
Un thriller assez classique à la mécanique est très bien huilée : on se prend au jeu.
Casey Affleck est comme son frère, assez insipide et sans envergure, et cela colle parfaitement à son rôle... ;)
Gone Baby Gone
(Film à l'affiche)Après Les promesses de l'ombre (et American Gangster), encore un thriller dramatique sur les thématiques de la mafia russe, l'infiltration, la fratrie...
Si j'avais lu le scénario, je n'aurai pas misé un clopec sur ce film: scenario banal et bancal, personnages ultra caricaturaux. C'est sans compter sur le talent de James Gray (Little Odessa en 1994, The Yards en 2000) qui arrive à nous envouter et nous maintient sous tension pendant 2h avec une mise en scène/photo magnifique. Joackim Phoenix, à nouveau dans son rôle de loser maudit, y est aussi pour beaucoup.
La course poursuite sous pluie battante est un sacré moment de cinéma.
La Nuit nous appartient
(Film à l'affiche)Ridley Scott n'est pas Scorcese... mais il se débrouille pas trop mal.
C'est joliment mis en scène, très bien interprété, malheureusement il s'agit avant tout d'un film d'investigation un peu froid avec une forte impression de "déjà vu".
Une enquête tirée d'une histoire vraie qui mérite d'être connue (un black qui avait réussi en quelques années à se mettre au niveau de la mafia italienne à New York dans les années 70).
American Gangster
(Film à l'affiche)Après l'excellent Head On, Fatih Akin nous livre à nouveau une belle histoire sur le choc des cultures.
Il prend le temps de présenter ses personnages durant la première moitié du film, puis tout commence à prendre du sens ensuite.
Ces destins croisés et la structure narrative rappelle pas mal les films d'Inarritu.
Un très beau film, prenant et émouvant mais moins percutant que Head On (que j'avais préféré).
De l'autre côté
(Film à l'affiche)Cronenberg arrive à innover dans le domaine du film de gangsters, avec une peinture de la mafia russe à Londres, malgré un scénario plutôt banal.
Même s'il est plus classique et moins percutant qu'un History of violence (avec une fin franchement décevante), on se laisse emporter dans les spirales des promesses de l'ombre, grâce à une mise en scène limpide et un rythme parfait.
L'interprétation de Viggo Mortensen est magistrale... et vaut à elle seule le déplacement.
